Leconte de Lisle,
Poèmes tragiques
“ Ô Dieux ! ô Terre ! Nous, vivre sous les pieds de ce lâche adultère ? Est-ce à la sainte Argos qu’un tel opprobre est dû, Femme ? EURYBATÈS. Femme ? Mais le jeune homme indignement vendu, L’enfant d’un noble père et d’une mère impie, Orestès est vivant ! KLYTAIMNESTRA. Orestès est vivant ! Qu’il vive, et qu’il expie La honte d’être né de ce sang odieux ! Je consens qu’il grandisse, éloigné de mes yeux, Sans patrie et sans nom. C’est assez qu’il respire. L’exil est dur ? La mort irrévocable est pire. TALTHYBIOS. Grands Dieux ! Ton fils aussi, femme, tu le tuerais ? ”
