“ TEIRÉSIAS. Kréôn n’est point cause de ton mal. Toi seul es ton propre ennemi. OIDIPOUS. Ô richesse, ô puissance, ô gloire d’une vie illustre par la science et par tant de travaux, combien vous excitez d’envie ! puisque, pour cette même puissance que la Ville a remise en mes mains sans que je l’aie demandée, Kréôn, cet ami fidèle dès l’origine, ourdit secrètement des ruses contre moi et s’efforce de me renverser, ayant séduit ce menteur, cet artisan de fraudes, cet imposteur qui ne voit que le gain, et n’est aveugle que dans sa science ! Allons ! dis-moi, où t’es-tu montré un sûr divinateur ? ”
Sophocle
Résumé
L'œuvre Sophocle, regroupant plusieurs de ses tragédies, explore les enjeux existentiels et divins vécus par des figures mythiques comme Oidipous ou Aias. L'auteur, Sophocle, célèbre dramaturge attique du Ve siècle av. J.-C., y interroge les rapports entre humains et dieux, les conséquences des oracles, ainsi que les tourments de la démence et du meurtre.
Les thèmes de la ville, de la maison et des calamités traversent ces récits, où les personnages, tels que les Atréides, affrontent leur destin dans un cadre théâtral chargé de symboles. Cette anthologie, liée à des œuvres comme Antigone ou Oreste, souligne l'importance du chœur et de la fatalité dans la tragédie grecque.
Citations de Sophocle (Sophocle)
“ LE CHŒUR. Tekmèssa, fille de Téleutas, tu nous racontes des choses terribles en nous disant que cet homme est saisi de démence. AIAS. Hélas ! hélas ! TEKMÈSSA. Il semble que son mal va croître. N’entendez-vous pas comme Aias pousse des clameurs ? AIAS. Hélas ! LE CHŒUR. Encore ! Il semble en proie au mal ou troublé par le souvenir des maux passés. AIAS. Hélas ! Enfant, enfant ! TEKMÈSSA. Malheur à moi ! Eurysakès, il t’appelle. Qu’a-t-il dans l’esprit ? Où es-tu ? Malheureuse que je suis ! AIAS. J’appelle Teukros. Où est Teukros ? Cherchera-t-il toujours du butin ? Pour moi, je meurs. ”
“ Sinon, entrons dans la demeure. OIDIPOUS. Parle devant tous. Je suis plus affligé de leurs maux que je n’ai souci de ma propre vie. KRÉÔN. Je dirai ce que je tiens du Dieu. Le roi Apollôn nous ordonne d’effacer la souillure qui a grandi dans ce pays, de l’extirper, loin de l’y entretenir, de peur qu’elle soit inexpiable. OIDIPOUS. Quelle est la nature de ce mal ? Par quelle expiation ? KRÉÔN. En chassant un homme hors des frontières, ou en vengeant le meurtre par le meurtre, car c’est ce meurtre qui ruine la Ville. OIDIPOUS. Quel est l’homme dont l’oracle rappelle le meurtre ? ”
