“ LE CHŒUR DES EUMÉNIDES. Zeus, d’après tes paroles, est plus irrité du meurtre d’un père que de celui d’une mère. Mais, lui-même, il a chargé de chaînes son vieux père Kronos. Pourquoi n’as-tu point opposé ceci à ce que tu as dit ? Pour vous, vous l’avez entendu ; je vous prends à témoin. APOLLÔN. Ô les plus abominables des bêtes, détestées des Dieux ! On peut rompre des chaînes ; il y a un remède à cela, et d’innombrables moyens de s’en délivrer ; mais quand la poussière a bu le sang d’un homme mort, il ne peut plus se relever. ”
Eschyle
Résumé
Le Théâtre complet d’Eschyle, l’un des pères fondateurs du théâtre grec, rassemble des œuvres marquées par des thèmes universels tels que la justice divine, la violence et les conflits entre humains et dieux. À travers des personnages comme Orestès, le Roi Pélasgos ou le Chœur des Danaïdes, l’auteur explore les conséquences des meurtres, la souillure de la terre et les tensions entre les forces divines et humaines.
Les citations révèlent une préoccupation pour les "maux" et la "calamité", souvent liés à des actes de guerre ou de représailles, comme dans le cas de l’assassinat de la mère par son fils. Ce corpus, publié dans un contexte où la tragédie grecque atteint son apogée, interroge les limites de la légitimité et l’importance de l’ordre cosmique, illustré par les paroles des dieux et les récits de souffrance.
Citations de Théâtre complet (Eschyle)
“ Chacun souffre à son tour, tantôt l’un, tantôt l’autre ! Orestès. Quoi qu’il en soit, je sais comment tout ceci doit finir. Ainsi que des chevaux sans frein, emportés hors du chemin des chars, mes sens effarés me domptent et m’emportent, et mon cœur est prêt à hurler de terreur et la rage se rue en lui ! Pendant que je me possède encore, je crie à mes amis que j’ai tué ma mère avec justice, car elle était souillée du meurtre de mon père et les Dieux la haïssaient. Celui qui m’a donné ce courage, c’est Loxias, le Divinateur Pythien ! ”
“ Quand la terre nourricière a bu le sang, la souillure vengeresse devient ineffaçable. Le remords terrible travaille le coupable. La virginité une fois violée, il n’y a plus de remède. Les fleuves réuniraient leurs eaux qu’ils ne laveraient point la main qu’a souillée le meurtre. Pour moi, les Dieux m’ont enveloppée dans la calamité de ma ville : ils m’ont jetée dans la servitude, loin des toits paternels. Il appartient à ceux qui sont, par la violence, les maîtres de ma vie d’être, comme il leur convient, justes ou injustes. Il me faut réprimer l’amère indignation de mon cœur. ”
