Résumé

Euripide  hèraklès furieux

Pour moi, ô Zeus ! je t’appelle en tendant mes mains vers l’Ouranos. Si tu veux secourir les enfants, accours ! car, avant peu, tu ne pourras plus rien. Je t’ai souvent appelé, mais en vain, et je vois qu’il nous faut mourir ! Ô vieillards, la vie est brève ; jouissez en donc et coulez-la doucement, et ne pleurez ni jour, ni nuit ! Le temps détruit l’espérance, et, son œuvre faite, il s’envole. Voyez moi ! J’étais admiré des hommes pour l’éclat de ma destinée, et cependant la fortune m’a tout enlevé, et en un jour, a tout emporté comme un oiseau dans l’air !
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Euripide  hèraklès furieux

Est-ce le meurtre de ceux que tu as tués qui te trouble l’esprit ? — Et lui, croyant que c’était le père tremblant d’Eurystheus qui le suppliait en lui tendant la main, le repoussa et prépara son arc et son carquois contre ses enfants, pensant tuer les enfants d’Eurystheus. Ceux-ci, saisis de terreur, se jetaient çà et là, l’un se cachant sous le péplos de sa malheureuse mère, l’autre derrière une colonne, et le troisième sous l’autel, comme un oiseau palpitant. Et la mère criait : — Ô père, que fais-tu ? Tu veux tuer tes fils ? — Et le vieillard criait, et la foule des serviteurs aussi.
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Euripide  hèraklès furieux

HÈRAKLÈS. Écoute donc les raisons par lesquelles je combats ton avis. Je t’expliquerai pourquoi il ne m’est plus permis de vivre, maintenant et depuis longtemps. Avant tout, je suis né de celui-ci qui, ayant tué le père de ma mère, et souillé de ce meurtre, épousa Alkmèna qui m’a enfanté. Quand les assises d’une race ne sont pas solidement jetées, il est nécessaire que les enfants soient malheureux. Zeus lui-même, quelque soit ce Zeus, m’a engendré odieux à Hèra. Toi, cependant, vieillard, ne t’offense pas, car je pense que tu es mon père, et non Zeus.
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