“ ÉLECTRE. Si quelque jour l’absent revient en ses demeures... ORESTE. Et la mère qui t’enfanta souffrit cela ? ÉLECTRE. Les femmes, ô étranger, aiment leur mari et non leurs enfants. ORESTE. Mais Égisthe, pourquoi t’a-t-il fait cet affront ? ÉLECTRE. Il voulait que j’eusse des enfants humbles, en me donnant à un tel homme. ORESTE. Tu n’aurais pas de fils qui fussent des vengeurs ? ÉLECTRE. Voilà ce qu’il voulut. Puisse-t-il m’en payer la peine ! ORESTE. Et l’époux de ta mère sait-il que tu es vierge ? ÉLECTRE. Il ne le sait pas : nous le lui celons par le silence. ”
Euripide
Résumé
« Électre », tragédie d’Euripide, explore les thèmes de la vengeance, de la famille et des rapports de pouvoir dans un huis clos dramatique. Électre, sœur d’Oreste, se prépare à assassiner son époux Égisthe, meurtrier de leur père Agamemnon, tandis que les tensions entre frère et sœur s’entremêlent avec des interrogations sur la justice et le rôle des dieux.
Le récit, axé sur les demeures et les liens familiaux, révèle une société où les femmes, comme Électre, luttent pour leur place dans un monde dominé par les hommes. La pièce, marquée par des dialogues percutants, interroge les frontières de la rétribution divine et l’héritage des crimes.
Citations de Électre (Euripide)
“ Et tu entendais dire par tous les Argiens : « Le mari de la femme, » et non : « La femme du mari. » Or, il est honteux que la femme soit à la tête de la maison, et non le mari ; et je m’indigne encore de ceci, qu’un homme fasse que ses enfants, dans la ville, ne soient pas désignés d’après le nom du père, mais d’après le nom de la mère. Qu’un homme épouse une femme illustre, d’un rang plus élevé que le sien, il ne comptera plus, seule comptera la femme. Mais ta plus grande erreur, que tu n’as pas connue, était, puissant par la richesse, de te vanter d’être quelqu’un. ”
“ « Où est l’enfant Oreste ? Est-il ici, pour défendre par son courage, ta tombe ? » Ainsi l’on outrage l’absent. Mais, étranger, je t’en supplie, dis-lui cela, seul messager, au nom de tous ceux qui t’envoient : mes mains, ma langue et mon âme, la malheureuse ! et ma tête rase, et son père ! Il serait honteux, quand son père a anéanti les Phrygiens, que lui ne pût pas, même seul, tuer un homme seul, lui qui est jeune, et dont le père était si brave ! PREMIÈRE PAYSANNE. Je vois l’homme — c’est de ton époux que je parle — qui, le travail fini, regagne la demeure. ”
