Résumé

Euripide  Iphigénéia chez les Taures

Mais éloignons-nous du Temple, et cachons-nous dans les antres que la noire mer baigne de ses eaux, loin de la nef, de peur que quelqu’un, la voyant, n’en avertisse les princes de cette terre, et qu’on nous saisisse de force. Quand l’œil de la nuit sombre s’ouvrira, nous tenterons d’enlever du Temple la brillante statue, en usant de toutes nos ruses. Vois s’il y a quelque espace vide entre les triglyphes, où le corps puisse passer. Les braves, en effet, osent tout, et les lâches ne sont jamais rien.
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Euripide  Iphigénéia chez les Taures

Mais je n’approuve pas les sentences de la Déesse. Si quelque mortel a été souillé d’un meurtre ou d’un enfantement, ou s’il a touché un cadavre, elle le repousse de l’autel comme impur, et elle se réjouit de victimes humaines ! Jamais Lètô, l’épouse de Zeus, n’a pu enfanter une fille aussi insensée. Je regarde comme incroyable le festin offert aux Dieux par Tantalos ; ils n’ont pu se plaire à manger un enfant ! Les habitants de cette terre, étant eux-mêmes des tueurs d’hommes, ont prêté aux Dieux, je pense, leur propre férocité, car je ne crois pas qu’aucun des Daimones soit cruel.
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Euripide  Iphigénéia chez les Taures

Et le dos de la terre fut ébranlé, et je m’enfuis, et, me tenant dehors, je vis le faîte de la demeure s’écrouler, et, du sommet des combles, tout le toit se ruer contre terre. Et il me sembla qu’une seule colonne de la demeure paternelle était restée debout, et que du haut des chapiteaux pendait une chevelure blonde qui avait une voix humaine. Et moi, remplissant mon office d’égorger les étrangers, et me lamentant, je l’aspergeais d’eau comme si cette chevelure était destinée à la mort. J’interprète ainsi ce songe : Orestès est mort, et c’est à son sacrifice que j’ai présidé.
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