Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Elles sont neuf, comme les Muses. Comme les Muses, elles forment un groupe immortel, un chœur sacré. Elles ne sont pas seulement le centre ou le sommet d’un art, mais l’un des sommets de l’art humain. ”
Les Muses, figures mythiques des arts et des sciences, ont longtemps personnifié l'inspiration créatrice dans la tradition occidentale. De Chénier à Fouillée, en passant par Heine et Rod, les auteurs ont examiné leur rôle en tant que source d'émotions, de beauté et de connaissance.
Certaines les perçoivent comme des entités immortelles, d'autres comme des forces actuelles, comme la Passion, ou comme des symboles d'harmonie entre l'esprit et les sens. Ces réflexions, tirées de textes divers, mettent en évidence une continuité entre l'antiquité et l'art contemporain, soulignant l'importance des Muses dans la transmission des valeurs culturelles.
Camille Bellaigue, Revue des Deux Mondes
“ Elles sont neuf, comme les Muses. Comme les Muses, elles forment un groupe immortel, un chœur sacré. Elles ne sont pas seulement le centre ou le sommet d’un art, mais l’un des sommets de l’art humain. ”
Arsène Houssaye,
Les grandes dames
“ Nous ne connaissons plus les neuf Muses, mais nous savons par coeur toutes les sublimes strophes de cette muse moderne qui s'appelle la Passion. Si nous avons moins bâti de temples à l'idée, nous avons pieusement élevé l'autel du sentiment. ”
Édouard Rod,
Revue des Deux Mondes
“ Vous la connaissez bien ; c’est celle qui plaît toujours ; comme une fleur elle se montre au monde : sa belle figure, en se développant, est devenue un modèle : accomplie à présent, elle l’est et le représente. Les Muses lui dispensèrent tous les dons, et la nature a créé l’art en elle. ”
André Chénier,
Œuvres complètes de André Chénier…
“ Pour peindre notre idée, empruntons leurs couleurs ; Allumons nos flambeaux à leurs feux poétiques ; Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques. Direz-vous qu’un objet, né sur leur Hélicon, À seul de nous charmer pu recevoir le don ? Que leurs fables, leurs dieux, ces mensonges futiles, Des Muses noble ouvrage, aux Muses sont utiles ? Que nos travaux savons, nos calculs studieux, Qui subjuguent l’esprit et répugnent aux yeux, Que l’on croit malgré soi, sont pénibles, austères, Et moins grands, moins pompeux que leurs belles chimères ? ”
Prosper Mérimée,
Portraits historiques et littéraires
“ Quel autre qu’un poëte, en effet, aurait pu tracer un tableau si animé des mœurs et des passions du moyen âge ? Ne fut-il pas inspiré des Muses celui qui sut ennoblir la vérité sans l’altérer jamais, et donner un air de grandeur à tous les sujets qu’il a touchés ? ”
Justin Maffre, Le R. P. Lacordaire, sa vie et ses ouvrages… (1854)
“ Quel homme, ne fût-ce qu'une fois dans la vie, n'a sacrifié aux Muses? Qui n'a senti son âme tressaillir à ce souffle divin qui embellit et renouvelle les sentiments les plus: délicieux et les plus profonds? ”
Francis Bacon,
De la dignité et de l’accroissement des sciences
(1605)
“ C’est précisément dans cet esprit qu’en accordant la lyre des muses, et en la mettant au véritable ton, nous la mettons en état de rendre, sous les doigts des autres et sous leur archet, des sons plus mélodieux. ”
Alfred Fouillée,
Revue des Deux Mondes
“ Musique, — c’est-à-dire tous les arts des Muses, non pas seulement de celle qui préside au chant et à l’harmonie, mais encore de celles qui président à la poésie, à l’éloquence, à la danse, à la sculpture, au dessin et à la peinture : tous ces enchantemens de l’esprit et des sens nous arrachant aux besoins immédiats ou aux servitudes de la vie, sont vraiment par excellence des arts libéraux et libérateurs. ”
Henri Heine,
Revue des Deux Mondes
“ Muses du monde ancien et du monde nouveau, et vous-mêmes, muses qui n’avez pas encore été découvertes, et dont j’ai soupçonné depuis long-temps l’existence dans les forêts et sur les mers, je vous en conjure, donnez-moi des couleurs pour peindre cette création qui est bien, après la vertu, ce qu’il y a de plus splendide sur la terre ! ”
E. Maillet, Appendice aux Mélodies irlandaises de Thomas Moore traduites en vers français par M. Henri Jousselin… (1871)
“ Les Muses ellesmêmes sont, avant tout, ordonnées et sévères: elles ont soumis les arts et les sciences, les inspirations diverses du génie humain, à des règles précises et à des harmonies qu'on ne saurait méconnaître impunément. ”
François-René de Chateaubriand,
Chateaubriand : textes choisis et commentés…
(1879)
“ Voilà les seules larmes qui doivent mouiller les cordes de la lyre. Les Muses sont des femmes célestes qui ne défigurent point leurs traits par des grimaces; quand elles pleurent, c'est avec un secret dessein de s'embellir. ”
Adolphe de Feuardent, Histoire d'Auteuil... par A. et P. de Feuardent (1877)
“ Parmi les heureux habitants de ce séjour que j'ai dépeints tout à l'heure cultivant leurs jardins, quelques-uns cultivent aussi la poésie, et je puis affirmer que les Muses vivent en très-bonne intelligence avec eux, et les inspirent de très-bonne grâce. ”
Alix Tiron, Etudes sur la musique grecque, le plain chant et la tonalité moderne (1866)
“ Laissons donc le génie pénétrer librement dans le temple des muses; ne le gênons pas dans l'expansion de son enthousiasme par la résistance de nos habitudes; ne l'enchaînons pas par les liens vulgaires de la routine, el accordonslui le droit de diriger ses inspirations suivant ses fantaisies et même ses caprices. ”
Madame de Staël,
De l’Allemagne
(1810)
“ Le charme de la musique, de la peinture, de la sculpture, de la poésie, et par-dessus tout du langage de l’âme, voilà ses moyens pour développer dans celui qui l’écoute toute la puissance des passions généreuses ou terribles. ”
Alphonse de Lamartine,
Cours familier de Littérature - Volume 06
“ Après cet art suprême de la parole parlée ou écrite, qui est l'art de la langue, l'art des lèvres, l'art de ce sens appelé la bouche, OS, l'art de l'éloquence, viennent les arts de l'oreille et des yeux: la musique et la peinture. L'un est l'art de multiplier les impressions de l'âme par les sons; l'autre est l'art de multiplier (p. 407) les impressions de l'âme par la vue, par les formes, par les couleurs, par les illusions que le dessin des contours, l'ombre et la lumière, les teintes, les nuances imitées de la nature font sur les yeux. ”
Guillaume-Casimir Pertus, Les échos poétiques : odes, ballades et poésies diverses… (1865)
“ Celui-là, possédé d'un sublime génie Qui va cherchant le vrai dans sa source infinie, Dirige nos esprits, forme notre raison ; Cet autre, l'œil fixé sur un vaste horizon, Transporte tous les cœurs de la foule enivrée, Quand la Muse, parlant à son âme inspirée, Vient effleurer son front de son aile de feu ! Enfin tous et pour tous, sous le souffle de Dieu, Nous formons ce foyer où s'allume la flamme Qui fait vivre chacun par le corps et par l'âme ! ”
Jeanne-Gabrielle, Liasse de poésies (1929)
“ Ma Muse en l'écoutant palpite — Et vous voudriez m'en priver ? Avant d'écrire il faut rêver — Pour que je rêve jouez vite. Jouez, sans plus rien réclamer ; Jouez toujours, jouez vous dis-je, Mon coeur déjà cède au vertige... Ne cessez pas de me charmer ! Et bientôt vous verrez (peut-être ?) ... Oui, vous verrez l'instrument d'or Entre mes doigts briller encor. Car l'Art de l'Art est le seul maître. Jouez, chantez de mieux en mieux, Artiste qui venez d'éclore — Pour rendre mon bravo sonore J'ai repris la langue des dieux! ”
Antonio Rocco,
Alcibiade enfant à l’école
(1651)
“ Ainsi la belle peinture, les représentations les plus parfaites de la forme humaine plaisent merveilleusement à notre vue, la musique charme l’ouïe, les doux parfums l’odorat, les mets délicats le goût, le tact à son tour, le plus parfait et le plus admirable de tous nos sens, celui en qui consistent la vie et l’être des animaux et en qui se résument, avec une parfaite mesure, les diverses qualités des corps, le tact, dis-je, trouve sa suprême volupté à palper les parties les plus gentilles, les mieux faites, les plus molles. ”
Auguste Brizeux,
Œuvres de Auguste Brizeux
“ Chanteurs, ici pourtant la Muse vous confie À son austère sœur, à la Philosophie : Âme éprise du vrai, cœur sans illusion. Esprit toujours plongé dans la réflexion. — Voyez dans son école, immense architecture. Amis de la Sagesse, amants de la Nature, Voyez-les, jeunes, vieux, avec sérénité, Par des efforts divers cherchant la vérité. ”
Jean-Baptiste Mérit, Lettres sur le beau en littérature (1871)
“ A la bonne heure la sculpture, la peinture, la musique ; elles donnent à la matière les attitudes, les regards, les mouvements même et les accents de l'âme. Elles montrent, elles animent ce que la littérature se contente de nommer. Par exemple ces mots : tendresse, puissance, mystère, Dieu, ni ne présentent une image, ni ne frappent l'oreille d'un son qui ait avec l'idée exprimée quelque ressemblance. Et puis, comment trouver un rapport naturel entre les idées invariables de leur nature et les mots qui vieillissent, meurent, varient de siècle à siècle, de nation à nation? ”
Jules Janin,
Les Chants du soir, par Chéri Pauffin…
(1844)
“ Parlons moins haut; revenons aux poèmes qui sont à notre portée. Je sais très bien que vous n'avez pas la prétention d'écrire un poème épique, et que, dans votre modestie et votre sagesse, vous vous contenterez très fort des honneurs moins dangereux et plus faciles de l'épître et de l'élégie. Alors, encore une fois, si vous regardez autour de vous, vous trouverez que la muse contemporaine, pour peu que son expression soit simple et vraie, pour peu qu'elle se mette à la portée des intelligences et des émotions de chaque jour, n'a pas besoin de nos préfaces pour réussir. ”
Théodore de Banville,
Oeuvres de Théodore de Banville…
“ Dévouement, liberté, génie, Tout refleurira Pour le règne de l’harmonie : L’art sera dévoilé Comme un ciel étoilé, Et la Muse, pareille aux femmes, Chantera ses épithalames : Les temps sont venus Pour les Dieux inconnus ! ”
Georges Renard, Le travail dans la préhistoire… (1931)
“ Quelle est l'origine de ces arts qui s'adressent tous à notre intelligence et à notre sensibilité, mais les uns surtout aux yeux, comme le dessin, la gravure, la sculpture, la peinture, la danse, d'autres aux oreilles, comme la musique et la poésie, d'autres à tous les sens à la fois comme l'art dramatique ? ”
Évariste de Parny,
Œuvres de Parny : élégies et poésies diverses
“ LE POÈTE Oui, le reproche est juste, et je sens qu’à mes vers La rime vient toujours se coudre de travers. Ma Muse vainement du nom de négligence A voulu décorer sa honteuse indigence ; La critique a blâmé son mince accoutrement. Travaillez, a-t-on dit, et rimez autrement. Docile à ces leçons, corrigez-vous, ma Muse, Et changez en travail ce talent qui m’amuse.LA MUSE De l’éclat des lauriers subitement épris, Vous n’abaissez donc plus qu’un regard de mépris Sur ces fleurs que jadis votre goût solitaire Cueillait obscurément dans les bois de Cythère ? ”
Charles de Mazade,
Revue des Deux Mondes
“ Qu’a donc à faire la Muse dans les aventures présentes de la race humaine ? — Et le poète à son tour cherche à retenir la Muse. Pourquoi s’enfuirait-elle ? Ce siècle est plus tourmenté sans être pire que les autres. Cette gigantesque transformation du monde par le travail est-elle donc sans poésie ? Et les hommes ne sont-ils pas toujours des hommes ayant dans le cœur les mêmes affections, les mêmes désirs et les mêmes douleurs ? L’âme n’a point changé d’essence, et ses luttes, ses agitations sont l’éternel aliment de la poésie. ”
Charles Clément, Michel Ange, Léonard de Vinci, Raphaël… (1866-1867)
“ La religion, la métaphysique, la poésie, la musique, les arts du dessin, sont les formes qui répondent à ces besoins de l'âme, à ces élancements du cœur, à ce goût passionné de la beauté, traits épars de la vérité parfaite à laquelle l'homme aspiré, et qu'il pressent. ”
Mme M.-A. Périole, L'Art de parler et de lire correctement… (1901)
“ Donne de l'harmonie et du nombre aux pensées ; Cet art de déclamer, dont le charme vainqueur Assujettit l'oreille et subjugue le coeur. « D'où vient, me diras-tu, cette brusque apostrophe ? Lisant pour m'éclairer, je lis en philosophe. Plus un écrit est beau, moins il a besoin d'art, Et le teint de Vénus peut se passer de fard ; L'harmonieux débit que ta Muse me vante Ne séduisit jamais une oreille savante. De cette illusion qu'un autre soit épris, Mais la vérité nue a pour moi plus de prix. » ”
Jules-Emile Alaux, Études esthétiques : l'art dramatique… (1873)
“ Chaque art s'adresse à un sens pour parler à l'amer la peinture s'adresse à l'œil, la musique à l'oreille : la poésie traverse l'oreille pour s'adresser au sens intérieur, à l'imagination représentative. ”
Henri Mazel,
Aux beaux temps du symbolisme 1890-1895
(1943)
“ Lyrisme, passion, couleur, débordement de personnalité, vague à l'âme, spiritualisme, goût du bibelot historique et du pittoresque local. De là nous tirerons les conséquences suivantes : une poésie splendide, un roman tout de passion, un théâtre mouvementé mais creux, beaucoup d'éloquence, peu de critique ; de brillants historiens plus artistes qu'érudits ; une peinture éblouissante, une musique inspirée, une sculpture faible, une architecture nulle ; une philosophie indécise, moins chrétienne que déiste, moins déiste que vaguement religieuse ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Quelque chose de plus fort qu’eux les attache à leur misère, et nous nous débattons dans les Formes ! Poètes, sculpteurs, peintres et musiciens, nous respirons l’existence à travers la phrase, le contour, la couleur ou l’harmonie, et nous trouvons tout cela le plus beau du monde ! ”
Collectif, La Revue contemporaine
“ Où en est l’art, cette poésie des sens, qui, avec des lignes, des couleurs et des sons, parle à nos âmes, en réalisant et en révélant les grandes et mystérieuses lois que l’auteur des esprits et des corps a écrites au fond de notre intelligence et de nos cœurs ? ”
“ Ce genre d'émotion propre à la peinture est tangible en quelque sorte; la poésie et la musique ne peuvent le donner. Vous jouissez de la représentation elle de ces objets, comme si vous les voyiez véritablement, et en même temps le sens que renferment les images pour l'esprit vous échauffe et vous transporte. ”
Anatole France,
La Vie littéraire
“ Au-dessus de nos têtes, entre eux et moi, une muse flottait, invisible et transparente sous son éther, semant le feu poétique qui allume les âmes et qui les transporte ou les tient au niveau des hauts et profonds poètes ou des poètes dégagés, qui nous met à l'unisson de leurs grandes paroles, de leurs jeux et de leurs ris, qui nous fait créer à nouveau les belles oeuvres dans le moment que nous les lisons, les sentons et les expliquons. ”
Jean-Auguste-Dominique Ingres,
Ingres d’après une correspondance inédite
“ Tu vis avec les beaux-arts ; très bien. Ils sont le baume salutaire de la vie. Cette musique, cette peinture, l’honnête et belle littérature, voilà de quoi nous rendre bien heureux. Et tu n’y es pas si maladroite déjà. ”
Amable Tastu,
Poésies, par Mme Amable Tastu.…
(1833)
“ C'est alors que parfois, au souffle de la muse, Apparaît tout à coup une image confuse ; Sa beauté, par degrés dévoilée à nos yeux, Se revêt mollement d'un vers harmonieux, Et la rime bientôt, sonore et cadencée, S'éveille, et sans effort s'enchaîne à la pensée. ”
Paul Arène,
Poésies de Paul Arène
(1900)
“ O Muse de rubans coiffée, Muse à la nuque ébouriffée, Toi de qui Paris s'est épris, Muse mignonne qui te ris De la grande bouche d'Orphée; Muse peu sévère, qui n'as Qu'un petit fifre au lieu de lyre, Et pour lauriers que des lilâs ; Muse qui sais à peine lire, Muse, entre toutes, chère à ceux Qui veulent rester paresseux, Toi qui verses un saint délire Avec des flots d'Aï mousseux ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Quelle figure vivante reste-t-il qui soit digne d’être regardée ? Quelle est la voix désormais qui soit une musique ? De qui peux-tu te vanter dans le passé ou dans l’avenir ? Les fleurs sont embaumées, leurs couleurs sont fraîches et coquettes ; mais l’idéale beauté a vécu et péri avec lui. ”
Claude-Henri Watelet,
Encyclopédie méthodique/Beaux-Arts
(1788)
“ Une pensée fine, une tournure, une expression fines dans le discours, une harmonie fine dans la prose, dans les vers, dans la musique, sont l’équivalent de ce qu’est un caractère fin dans les détails & les profils d’un ouvrage d’archirecture, ou dans les contours d’une belle statue. ”
Cicéron,
Premiers Académiques, Lucullus
“ Et si, grâce à une certaine éducation et à l’entrée en scène de l’art, nos yeux sont captivés par la peinture, nos oreilles charmées par la musique, est-il possible qu’on ne reconnaisse pas tout le pouvoir qu’ont les sens ? ”
Alfred Fouillée,
Revue des Deux Mondes
“ Chaque philosophe s’efforcerait de symboliser au moyen du langage, — surtout du langage imagé, — sa vie interne et profonde, indivisiblement sentie et vécue, ce serait comme la musique de son. âme. Les autres philosophes échangeraient leurs plus intimes impressions avec les siennes. A la mélodie sortant du cœur et de l’esprit de chacun, répondraient les mélodies des autres, et l’ensemble finirait par produire le grand concert philosophique. ”
“ La Poésie, art complexe, doit aussi se résoudre en deux éléments spéciaux et distincts : la musique et la parole. Quand toute voix humaine était une harmonie, toute idée naissait sous une forme cadencée ”
Victor Hugo,
William Shakespeare
“ Si la poésie n’est point dans la Bible, où est-elle ? Vous dites : La muse est faite pour chanter, pour aimer, pour croire, pour prier. Oui et non. Entendons-nous. Chanter qui ? Le vide. Aimer quoi ? Soi-même. Croire quoi ? Le dogme. Prier quoi ? L’idole. Non, voici le vrai : Chanter l’idéal, aimer l’humanité, croire au progrès, prier vers l’infini. Prenez garde, vous qui tracez de ces cercles autour du poëte, vous le mettez hors de l’homme. ”
Gabriel Thomas, Du Danube à la Baltique : Allemagne… (1888)
“ N'est-ce pas ce monde dont les profondeurs s'entr'ouvrent parfois dans les songes ; ce monde où la Musique vous emporte d'un élan impétueux plus haut que la poésie, là où toute parole serait impuissante ? ”
Jean-Baptiste Clerc, Essai sur l'art oratoire considéré au point de vue chrétien… (1868)
“ Est-il étonnant qu'on ait vu la poésie obtenir chez eux tant d'autels et tant d'adorateurs ; les mythes, les mythologies, se parer de tant de charmes à leurs yeux et les dominer par un si merveilleux prestige ; l'art rechercher avec tant d'exactitude la perfection de la forme , l'harmonie des lignes, l'éclat des couleurs, pour se terminer à la satisfaction des yeux , à l'enivrement des sens ”
