Résumé

Portrait de Cicéron Cicéron Premiers Académiques, Lucullus

Je ne perçois cependant pas d’objet réel, je crois que nulle perception de cette sorte n’est possible. Comme je ne suis pas un sage je me laisse vaincre par mes sensations, je ne puis leur résister. Mais la plus haute vertu du sage, de l’avis d’Arcésilas qui se trouve ici d’accord avec Zénon, est le soin qu’il prend de ne pas se laisser séduire ni tromper ; rien, en effet, tant que l’erreur ou la légèreté qui fait qu’on juge à l’aventure ne s’éloigne de l’idée que nous avons du sage attentif à tout peser. Mais à quoi bon parler de la fermeté d’esprit propre au sage ?
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Portrait de Cicéron Cicéron Premiers Académiques, Lucullus

Comment ne souhaiterais-je pas trouver le vrai, moi qui éprouve de la joie quand je rencontre le vraisemblable ? Mais tout de même que rien n’est plus beau à mes yeux que de voir la vérité, rien n’est aussi plus laid que de donner son approbation à une idée fausse que l’on prend pour vraie. Je ne prétends pas être cependant de ces hommes qui jamais n’adhèrent à une proposition fausse, jamais n’accordent leur assentiment, jamais n’ont une opinion. Mais c’est du sage qu’il s’agit entre nous.
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Portrait de Cicéron Cicéron Premiers Académiques, Lucullus

Même quand ils sont d’accord, pouvons-nous tenir leurs idées pour vraies ? L’âme du sage ne sera-t-elle jamais agitée par le désir ni exaltée par la joie ? Mais soit, admettons que cette opinion soit probable ; que penser de celle-ci : le sage n’a aucune crainte, ne connaît pas la souffrance. Le sage ne craint donc pas la ruine de sa patrie, il n’en souffre pas quand elle arrive ? Cela est dur et cependant Zénon n’échappe pas à cette conséquence puisque, à part la rectitude de la vie, il n’existe aucun bien pour lui.
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