Résumé

Portrait de Han Ryner Han Ryner Les Chrétiens et les Philosophes

Ô Serena, la beauté, la vérité, le souverain bien, ce sont trois noms du même Dieu. Si tu tiens réellement l’une ou l’autre de ces richesses véritables, tu les tiens toutes trois.
serena Il y a des vérités qui sont laides.
épictète La vérité qui te semble laide n’est pas la vérité, ou bien tu juges de la beauté selon des préjugés, non selon la raison. Dieu règle le monde comme une harmonie, et l’harmonie est tout ensemble le vrai, le beau et le bien. Si tu crois dans la musique des mondes entendre une discordance, c’est parce que tu n’entends pas les notes qui complètent l’accord.
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Comment la pensée qui a eu pour langage la vie entière d’un Socrate, d’un Antisthène, d’un Diogène, d’un Zénon, d’un Cléanthe, d’une Arria, d’un Thraséas, serait-elle indifférente à un esprit curieux comme le tien ? Mais, pour l’homme soucieux de se perfectionner, elle est la seule intéressante. S’il existait une conception qui pût embellir les formes du corps, ah ! comme elle exciterait l’amour de Serenus et de Serena. Il existe une conception qui peut embellir notre âme et nous rendre presque semblables aux dieux : elle seule est digne de l’amour des hommes.
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Portrait de Han Ryner Han Ryner Les Chrétiens et les Philosophes

Quand seras-tu enfin capable de te suivre toi-même ?
arrien Maître, il y a en moi tant de choses qui ne sont pas moi. Toi qui es sage, tu ne peux deviner quel chaos fou tourbillonne autour des âmes ordinaires. Comment me découvrirais-je moi-même parmi ces agitations contradictoires que seule ta parole apaise un peu ?.. À dire la vérité, l’unique moyen que je connaisse encore de me suivre, c’est de suivre Epictète. Car je n’ai pas droit à l’orgueil du sage ; dans mes ténèbres, je dois pour ne point m’égarer, rester docile comme un enfant.
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