“ Il n’est aujourd’hui ni plus commun qu’en un autre siècle, ni plus parfait, ni mieux écouté par la folie des grands et par la sottise des petits. Sauf aux heures de révolution ou de guerre, la persécution le frappe moins brutalement et ouvertement : elle en est peut-être plus subtile, plus efficace, plus éteigneuse des pensées libératrices. En quel contemporain trouverions-nous une beauté éthique supérieure à celles de Çakya-Mouni, de Socrate, d’Épicure, de Cléanthe, d’Épictète, de Dion Bouche-d’Or ? Et quel naïf croira la sagesse plus répandue chez nous qu’aux autres siècles ?... ”
Han Ryner
Résumé
La Sagesse qui rit, essai philosophique de Han Ryner, explore les fondements de la sagesse à travers une confrontation entre les pensées anciennes (Socrate, Épicure, Épictète) et les enjeux contemporains. L’auteur interroge l’individualisme, l’éthique et la métaphysique, soulignant la tension entre la quête de l’harmonie intérieure et les défis de la liberté.
En revisitant les doctrines stoïciennes et épicuriales, Ryner propose une réflexion sur le mode de vie, la moralité et la nature des désirs, affirmant que la sagesse réside dans un art de l’émancipation, non dans la soumission aux dogmes. L’œuvre, à la fois critique et méditative, insiste sur l’urgence d’une éthique autonome face aux illusions du progrès matériel.
Citations de La Sagesse qui rit (Han Ryner)
“ Quand on a appelé individualisme la doctrine harmonieuse d’un Socrate, d’un Épicure, d’un Épictète, ce n’est pas sans répugnance qu’on accorde le même nom à la pensée d’un Nietzsche, d’un Stendhal, d’un Calliclès, brusque comme un ressort et gloutonne comme un fauve. On est tenté d’affirmer qu’il ne saurait y avoir individualisme là où il n’y a pas respect de tous les individus. Celui qui à un seul être — l’Unique, dit Stirner — sacrifie tous les autres, on préférerait le nommer, s’il reste peu actif et peu malfaisant, égoïste. ”
“ Nulle opinion métaphysique n’empêche l’artiste de s’efforcer vers l’harmonie des lignes, des couleurs ou des phrases. Nulle opinion métaphysique n’empêchera le sage de rendre harmonieuse la suite de ses gestes. • L’homme a dit à l’Univers ou à Dieu : — Je t’aime, unité qui me dépasses, et je veux me perdre en toi. L’Univers n’a pas répondu et Dieu non plus. Car peut-être Dieu n’est pas ni, au sens où l’homme prend ce mot, l’Univers. Et, si par hasard ils sont, ils sont muets. Mais les choses sont et ce que nous appelons les apparences détient peut-être toute la réalité. ”
