Résumé

Portrait de Jules Soury Jules Soury L’Histoire du matérialisme de Lange

La terre classique du matérialisme dans les temps modernes, ce n’est pas la France, c’est l’Angleterre, c’est la patrie de Roger Bacon et d’Occam, le pays de Bacon de Verulam, qui ne manqua que d’un peu de conséquence et de décision, et de Hobbes, qui ne manqua ni de l’une ni de l’autre, et qui doit certes autant aux traditions de la pensée anglaise qu’à l’exemple et à la doctrine de Gassendi. Ce pli de l’esprit britannique est si fort que le déisme même d’un Robert Boyle ou d’un Newton s’y concilie avec une conception mécanique et purement matérialiste de l’univers.
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Portrait de Jules Soury Jules Soury L’Histoire du matérialisme de Lange

En effet, ainsi que l’a noté Lange, le matérialisme, par la négation d’un ordre, d’une intelligence, d’une finalité consciente de l’univers n’est pas seulement l’irréconciliable ennemi de la religion : il est aussi plus ou moins hostile à la poésie et à l’art. S’il n’y a ni ordre ni désordre dans la nature, le beau et le laid n’existent, comme le bien et le mal, que dans notre esprit. Le vrai, ou ce qui nous paraît le moins éloigné de la réalité, reste seul sur les ruines du beau et du bien considérés comme idéals transcendants ou innés selon les écoles.
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Portrait de Jules Soury Jules Soury L’Histoire du matérialisme de Lange

À l’heure où les plus fermes esprits mollissent souvent et plient, comme le servile troupeau humain, sous le faix des superstitions séculaires, Albert Lange montra une fois de plus au monde comment on meurt sans espoir et sans Dieu. C’est que, si dans la science, dans l’art et dans la vie, Lange rendait à l’idéal la part que lui refuse le commun des matérialistes, il savait bien que cet idéal n’a aucune réalité hors de notre esprit et que l’expérience ne nous révèle d’autre existence dans l’univers que celle de la matière en mouvement.
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