“ Mais dans le gouvernement d’un État bien établi, chaque particulier ne se réserve qu’autant de liberté qu’il lui en faut pour vivre commodément, et en une parfaite tranquillité, comme on n’en ôte aux autres que ce dont ils seraient à craindre. Hors de la société, chacun a tellement droit sur toutes choses, qu’il ne s’en peut prévaloir et n’a la possession d’aucune ; mais dans la république, chacun jouit paisiblement de son droit particulier. Hors de la société civile, ce n’est qu’un continuel brigandage et on est exposé à la violence de tous ceux qui voudront nous ôter les biens et la vie ”
Thomas Hobbes
Définition et enjeux
Thomas Hobbes, philosophe anglais du XVIIe siècle, est célèbre pour son œuvre Leviathan, fondamentale en philosophie politique. Il conceptualise l’état de nature comme un « état de guerre de tous contre tous », justifiant un contrat social qui institue un souverain absolu afin d’assurer l’ordre et la paix.
Bien qu’il soit critiqué par certains pour son conservatisme, son influence s’étend au libéralisme et aux relations internationales. Les passages de Le Citoyen illustrent sa vision d’une liberté limitée, où l’individu renonce partiellement à ses droits en échange de sécurité. Son héritage demeure dans l’analyse des structures politiques et des enjeux de pouvoir.
Citations sur “Thomas Hobbes”
“ XV. La dixième loi de nature commande à chacun de rendre la justice avec une distribution égale de faveur aux deux parties. Par la loi précédente, il est défendu que nous nous attribuions plus de droit de nature, que nous n’en accordons aux autres. Nous pouvons nous en réserver moins, si bon nous semble, et c’est quelquefois un effet de modestie. Mais quand il s’agit de distribuer le droit à autrui, cette loi-ci nous défend de favoriser l’un plus que l’autre : car cela est contre l’égalité naturelle, et l’on fait tort à celui que l’on postpose par ce mépris qu’on témoigne de sa personne. ”
“ Que si l’on souhaite d’être libre pendant que tous les autres sont asservis, qu’est-ce autre chose que prétendre à la domination ? Vu que celui qui est libre devient aisément le maître de tous ceux qui sont liés. Donc la liberté des particuliers n’est pas plus grande en l’État populaire que dans le monarchique. Ce qui impose au vulgaire est, que tous participent également aux charges publiques et à l’autorité du commandement ; car, là où le peuple gouverne, chaque particulier participe au droit de l’empire, en tant qu’il est membre de l’État ”
