“ Comme s’il est question de la vie d’un criminel, on ne s’informe pas si l’État, de sa puissance absolue, a droit de le faire mourir, mais s’il le veut par une certaine loi dont on est en controverse ; et il le veut si la loi a été enfreinte, mais il ne le veut point si elle n’a pas été violée. Ce n’est donc pas une preuve suffisante de l’obligation que l’État a envers ses lois, de ce qu’un particulier peut intenter action contre lui, et le tirer en justice. Au contraire, il appert que l’État n’est point obligé par ses lois, de ce que personne ne s’oblige à soi-même. ”
Thomas Hobbes
Résumé
Le Citoyen, publié en 1642 par Thomas Hobbes, est un traité fondamental de la philosophie politique qui explore les fondements du pouvoir souverain et la nécessité d’un contrat social pour garantir la paix. Hobbes y démontre que, sans une autorité suprême, l’homme vit dans un état de guerre permanente, où la loi naturelle est remplacée par la loi civile.
L’œuvre examine les rapports entre le souverain, les particuliers et la volonté collective, soulignant l’obéissance comme condition de stabilité. À travers des concepts comme le pacte social et la souveraineté absolue, Hobbes confronte les tensions entre liberté individuelle et ordre commun, en s’appuyant sur des références bibliques et des exemples historiques. Son analyse de la justice, de l’injure et de l’obéissance reste un pilier de la pensée politique moderne.
Citations de Le Citoyen (Thomas Hobbes)
“ Mais ce n’est pas la loi de nature qui enseigne ce que c’est qu’il faut nommer larcin, meurtre, adultère, ou injure en un citoyen. C’est à la loi civile qu’il faut s’en rapporter. Car ce n’est pas larcin, que d’ôter simplement à quelqu’un ce qu’il possède, mais bien quand on ôte à autrui ce qui lui appartient. Or, c’est à la loi civile à déterminer ce qui est à nous et ce qui est à autrui. Pareillement, tout homicide n’est pas meurtre, mais bien quand on tue celui que la loi civile défend de faire mourir. ”
“ Le peuple est un certain corps, et une certaine personne, à laquelle on peut attribuer une seule volonté, et une action propre : mais il ne se peut rien dire de semblable de la multitude. C’est le peuple qui règne en quelque sorte d’État que ce soit : car, dans les monarchies mêmes, c’est le peuple qui commande, et qui veut par la volonté d’un seul homme. Les particuliers et les sujets sont ce qui fait la multitude. Pareillement en l’État populaire et en l’aristocratique, les habitants en foule sont la multitude, et la cour ou le conseil, c’est le peuple. ”
