“ Comme s’il est question de la vie d’un criminel, on ne s’informe pas si l’État, de sa puissance absolue, a droit de le faire mourir, mais s’il le veut par une certaine loi dont on est en controverse ; et il le veut si la loi a été enfreinte, mais il ne le veut point si elle n’a pas été violée. Ce n’est donc pas une preuve suffisante de l’obligation que l’État a envers ses lois, de ce qu’un particulier peut intenter action contre lui, et le tirer en justice. Au contraire, il appert que l’État n’est point obligé par ses lois, de ce que personne ne s’oblige à soi-même. ”
Thomas Hobbes
Élements biographiques
Thomas Hobbes, philosophe anglais né en 1588 et décédé en 1679, est l’un des pères fondateurs de la philosophie politique moderne. Son œuvre majeure, Le Léviathan (1651), élabore l’état de nature, le contrat social et la souveraineté absolue, posant ainsi les fondements de la pensée politique contemporaine. Bien qu’il soit souvent critiqué pour son conservatisme, Hobbes a marqué le libéralisme et l’économie politique du XXe siècle.
Ses autres écrits, tels que De Cive et De la nature humaine, exposent un déterminisme strict et un positivisme juridique, examinant la nature humaine, les passions et les lois de la raison. Son examen du pouvoir et de la justice demeure essentiel dans l’étude des relations internationales et des structures politiques.
Citations de Thomas Hobbes
“ Mais ce n’est pas la loi de nature qui enseigne ce que c’est qu’il faut nommer larcin, meurtre, adultère, ou injure en un citoyen. C’est à la loi civile qu’il faut s’en rapporter. Car ce n’est pas larcin, que d’ôter simplement à quelqu’un ce qu’il possède, mais bien quand on ôte à autrui ce qui lui appartient. Or, c’est à la loi civile à déterminer ce qui est à nous et ce qui est à autrui. Pareillement, tout homicide n’est pas meurtre, mais bien quand on tue celui que la loi civile défend de faire mourir. ”
Thomas Hobbes,
De la nature humaine
“ Il existe une passion qui n’a point de nom, mais elle se manifeste par un changement dans la physionomie que l’on appelle le Rire, qui annonce toujours la joye. Jusqu’à présent personne n’a pu nous dire de quelle nature est cette joye, ce que nons pensons & en quoi consiste notre triomphe quand nous rions. L’expérience suffit pour réfuter l’opinion de ceux qui disent que c’est l’esprit renfermé dans un bon mot qui excite cette joye, puisque l’on rit d’un accident, d’une sottise, d’une indécence dans lesquels il n’y a ni esprit ni mot plaisant. ”
“ Le peuple est un certain corps, et une certaine personne, à laquelle on peut attribuer une seule volonté, et une action propre : mais il ne se peut rien dire de semblable de la multitude. C’est le peuple qui règne en quelque sorte d’État que ce soit : car, dans les monarchies mêmes, c’est le peuple qui commande, et qui veut par la volonté d’un seul homme. Les particuliers et les sujets sont ce qui fait la multitude. Pareillement en l’État populaire et en l’aristocratique, les habitants en foule sont la multitude, et la cour ou le conseil, c’est le peuple. ”
“ Les hommes se cachent dans les ténèbres, ou s’enfuient de crainte, quand ils n’ont pas d’autre moyen de pourvoir à leur sûreté ; le plus souvent ils prennent des armes défensives. De sorte que selon l’équipage auquel on les rencontre, on peut juger de l’état de leur âme, et quelle place y occupe cette lâche passion. En un moi, soit qu’on en vienne aux mains, ou que d’un commun accord on quitte les armes, la victoire ou le consentement des parties forment la société civile, et je trouve en l’un et en l’autre qu’il y a quelque mélange de cette crainte réciproque. ”
“ Le nom d’injustice a une signification relative à la loi ; celui d’injure a du rapport à la lo i, et à une certaine personne particulière. Car ce qui est injuste, est tel envers tous. Mais une injure peut toucher un autre, sans me toucher aussi. Elle ne regarde quelquefois aucun particulier, mais seulement le public. Il y en a où le public, ni le particulier, n’ont rien à dire, mais où Dieu seul est offensé. C’est proprement la force du pacte et le transport du droit, qui fait qu’une certaine personne, plutôt qu’une certaine autre, reçoit une injure. ”
“ Pareillement, je dis qu’un enfant ne doit point exécuter à mort son père, encore qu’il soit coupable, et condamné par les lois ; car il s’en trouvera assez d’autres qui feront cet office ; et un homme d’honneur mourra plutôt que de vivre infâme, et haï comme le bourreau de celui qui l’avait mis au monde. Il y a une infinité de cas semblables, où l’on peut refuser d’obéir, sans contrevenir pourtant à la puissance absolue : car en tous ceux qu’on peut alléguer, on n’ôte pas au souverain le pouvoir de faire mourir ceux qui lui désobéissent. ”
“ XXIX. Les lois de nature sont immuables et éternelles. Ce qu’elles ont une fois défendu ne peut jamais devenir licite ; et ce qu’elles ont commandé ne peut jamais être défendu. Car il n’arrivera jamais que l’orgueil, que l’ingratitude, que l’infidélité ou l’injure, l’inhumanité et les outrages soient des choses permises, ni que les vertus opposées soient des choses défendues, si vous les prenez pour des dispositions intérieures de l’âme, c’est-à-dire si vous les considérez devant le secret ressort de la conscience, où seulement elles obligent et prennent le titre de lois. ”
“ Et s’il fallait que les plus forts et les plus sages combattissent pour le commandement, je ne sais si ces derniers l’emporteraient. Soit donc que les hommes soient naturellement égaux entre eux, ou qu’ils ne le soient pas, il faut reconnaître une égalité ; parce que s’ils sont inégaux, ils entreront en querelle, et combattront pour le gouvernement, et la nécessité les obligeant enfin de tendre à un accord, en la paix qui se fera ils se tiendront pour égaux. C’est pourquoi j’établis cette maxime comme la huitième loi de nature, qu’on estime tous les hommes naturellement égaux. ”
“ En effet, plusieurs ont cette coutume, de n’exprimer pas tant seulement les choses par les noms qu’ils leur donnent : mais de témoigner, aussi par même moyen, la passion qui règne dans leur âme et de faire connaître en même temps l’amour, la haine ou la colère qui les anime. D’où vient que l’un nomme anarchie, ce que l’autre appelle démocratie ; qu’on blâme l’aristocratie en la nommant une oligarchie ; et qu’à celui auquel on donne le titre de roi quelque autre impose le nom de tyran. ”
“ Il est vrai qu’un athée n’est point puni, ou de Dieu immédiatement, ou des rois que Dieu a établis au-dessous de sa majesté, en qualité de sujet, parce qu’il n’a pas observé les lois, mais comme un ennemi qui n’a pas voulu les recevoir ; c’est-à-dire, il est puni par le droit de la guerre, comme les géants le furent autrefois dans la fable, lorsqu’ils voulurent monter au ciel, et s’en prendre aux Dieux. Car, ceux-là sont ennemis, qui ne dépendent pas l’un de l’autre, ou qui ne sont pas soumis à un même souverain. ”
“ Et toutes fois et quantes que Dieu punit un pécheur, ou qu’il le fait mourir, bien qu’il le punisse à cause qu’il avait péché, on ne peut pas dire pourtant, qu’il n’eût point droit de le maltraiter, ou de le perdre, s’il n’eût été coupable. De plus, si la volonté de Dieu en châtiant peut avoir égard à quelque faute précédente, il ne s’ensuit pas de là, que le droit de punir ou de tuer ne dépend point de la puissance divine, mais dérive toujours du péché de l’homme. ”
“ Car lorsque nous disons, je crois en Jésus-Christ, nous signifions bien à qui, mais nous n’exprimons pas ce que nous croyons. Or, croire en Christ n’est autre chose que croire que Jésus-Christ est le Christ, à savoir celui qui devait venir au monde pour rétablir le règne de Dieu, suivant que Moïse et les prophètes juifs l’avaient prédit. Cela est assez manifeste des paroles de Jésus-Christ même à la Marthe : Je suis, dit-il, la résurrection et la vie ; qui croit en moi, encore qu’il soit mort, vivra. Et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais. ”
“ Enfin, la rupture d’une assemblée irrévocable est une espèce de mort du peuple ; comme en un homme, c’est mourir que d’entrer dans un si profond somme qu’on ne s’en éveille jamais. De même donc qu’un roi qui n’a aucun héritier, s’il donne, en s’endormant d’un somme éternel, c’est-à-dire, lorsqu’il s’en va mourir, le gouvernement de son royaume à une personne qui le doive régir jusqu’à tant qu’il s’éveille, il lui en laisse évidemment la succession. ”
“ Mais d’ordinaire, quand les particuliers ou les sujets demandent la liberté, ils entendent par ce mot la domination ou la souveraine puissance, à quoi pourtant leur ignorance fait qu’ils ne prennent pas garde. Car, si chacun laissait aux autres, ainsi que les lois de nature l’exigent, la liberté qu’il désire pour soi-même, on reviendrait en l’état de nature, où toutes choses sont permises à tous et duquel, si l’on connaissait la misère, on l’éviterait, comme un état de liberté pire que la plus dure des sujétions politiques. ”
“ Néanmoins il est peut-être malaisé de nier tout à fait que la justice ne consiste en quelque égalité, c’est-à-dire en ceci seulement, qu’étant tous naturellement égaux, l’un ne s’attribue pas plus de droit qu’il n’en accorde à autrui, s’il ne s’en est acquis, par des pactes préalables, quelque prérogative. Ce que je dis en passant contre cette distinction de la justice, bien qu’elle soit reçue presque de tous universellement ; afin que personne ne pense qu’une injure soit autre chose que le violement des pactes et de la foi promise, comme je l’ai définie ci-dessus. ”
“ Enfin, la différence ne peut pas être tirée de la manière de s’emparer du gouvernement ; car, si quelqu’un prend l’autorité souveraine en un État populaire, ou en une aristocratie, du consentement de tous les particuliers, il devient monarque légitime ; mais, s’il la veut usurper sans le consentement du peuple, il est ennemi et non pas tyran de la république. Ils ne diffèrent donc qu’en l’exercice de leur empire ; de sorte que le monarque, qui gouverne bien l’État, mérite le titre de roi ; et celui qui maltraite son peuple s’acquiert le nom de tyran. ”
“ L’état des choses humaines les tirait du blâme d’enfreindre la loi de nature, et ce n’était pas sans quelque gloire qu’ils exerçaient leurs rapines, pourvu qu’ils s’abstinssent des cruautés de la guerre. Toutefois, je n’avance pas cette clause comme si j’estimais qu’en l’état de nature les hommes soient obligés à aucunes lois de douceur et d’humanité ; mais parce que la cruauté étant un effet de la crainte, ceux qui l’exercent effacent toute la gloire de leurs plus belles actions. ”
“ A la vérité, ils peuvent bien s’unir par un mutuel consentement, mais, en cela, il faut qu’ils deviennent comme une seule république. Car, ils ne peuvent point s’assembler qu’à certain temps et en certain lieu dont ils sont demeurés d’accord. Or, est-il que c’est du droit civil, et qu’il appartient à la puissance séculière, de régler le temps, le lieu et les personnes d’une assemblée ; et qu’aucun bourgeois, ni aucun étranger, ne peut avec raison mettre le pied en quelque lieu, si l’État qui en est le seigneur ne le lui permet. ”
“ Mais dans le gouvernement d’un État bien établi, chaque particulier ne se réserve qu’autant de liberté qu’il lui en faut pour vivre commodément, et en une parfaite tranquillité, comme on n’en ôte aux autres que ce dont ils seraient à craindre. Hors de la société, chacun a tellement droit sur toutes choses, qu’il ne s’en peut prévaloir et n’a la possession d’aucune ; mais dans la république, chacun jouit paisiblement de son droit particulier. Hors de la société civile, ce n’est qu’un continuel brigandage et on est exposé à la violence de tous ceux qui voudront nous ôter les biens et la vie ”
“ Vu que si chaque république chrétienne est cette église à laquelle Jésus-Christ commande que tous les fidèles qui en sont sujets obéissent, chaque sujet est tenu d’obéir, non seulement en ce qui est du temporel, mais aussi en ce qui touche le spirituel, à l’État dans lequel il vit, c’est-à-dire à ceux qui y exercent la souveraine puissance. Et si ce n’est pas chaque république chrétienne en particulier qui soit cette église, il faut qu’il y en ait quelque autre plus universelle, à laquelle on doive rendre cette absolue obéissance. ”
“ Il y en a d’autres qui se prennent toujours pour des signes d’honneur, comme de s’approcher et de parler à quelqu’un avec humilité et bienséance, de se détourner à sa rencontre pour lui faire place et semblables. Le public n’a rien à y changer et ne doit pas y mettre la main. Mais il y en a une infinité d’autres qui sont indifférentes, en ce qui est du mépris ou de l’honneur ; et ce sont celles-ci sur lesquelles l’État a de la juridiction, qui peuvent être établies comme des marques d’honneur et de révérence, et qui le sont effectivement, lorsqu’elles sont une fois autorisées. ”
“ La divine est de deux sortes, comme c’est en deux manières qu’il a plu à Dieu de faire connaître aux hommes sa volonté ; la naturelle ou morale et la positive. La loi naturelle est celle que Dieu a déclarée à tous les hommes par sa parole éternelle créée dans eux-mêmes, c’est-à-dire, par leur raison naturelle. Et c’est celle que j’ai tâché de découvrir par mes méditations en ce petit ouvrage. La loi positive est celle que Dieu nous a fait annoncer par la bouche des prophètes, en laquelle dispensation, il s’est accommodé aux hommes et a traité avec nous en homme. ”
“ Ils donnent le commandement absolu en ce qui concerne la paix et la guerre à un seul, qu’ils nomment monarque, et lui ôtent le maniement des finances, dont ils commettent la direction à certains autres. Or, comme les finances sont les nerfs de la guerre et de la paix, ceux qui font ce partage prétendu n’avancent rien du tout : car ceux qui manient l’argent ont véritablement l’autorité souveraine, et l’autre n’en a qu’un vain titre ; et cette division va à la ruine de l’État, vu que s’il était de besoin de prendre les armes, on ne saurait faire la guerre, ni entretenir la paix sans argent. ”
“ Il faut que M. Hobbes se prépare à souffrir la même injustice, et qu’il ne trouve pas étrange que les mêmes esprits l’accusent de favoriser l’indifférence des religions. C’est ainsi que les hommes se plaisent à amplifier toutes choses. Ceux qui ont remarqué leurs coutumes, et qui savent qu’on ne se sert des hyperboles que pour mener du mensonge à la vérité, jugeront bien qu’elle a en cette accusation plus de hardiesse que d’espérance, et que pour faire croire ce qui est croyable, elle affermit ce qui est au-delà de toute crédulité. ”
“ En un mot, dans l’état de nature, il ne faut pas mesurer le juste et l’injuste par les actions, mais par le dessein et la conscience de celui qui les pratique. Ce qu’il faut faire nécessairement, ce qu’on fait en désirant la paix, ce à quoi on se résout pour la conservation particulière, est toujours fait avec une grande justice. Hors de là, tous les dommages qu’on cause à un homme sont autant d’enfreintes de la lui de nature, et de péchés contre la majesté divine. ”
“ Malheur au royaume dont le roi est un enfant, ne signifie point que la condition d’une monarchie soit pire que celle d’un État populaire ; mais, au contraire, que les incommodités d’un royaume ne sont que par accident ; d’autant que sous le règne d’un enfant, il arrive quelquefois que plusieurs poussés par l’ambition, se fourrent à toute force dans les conseils publics, ce qui cause dans l’État une espèce d’administration démocratique, d’où naissent tous les malheurs et toutes les calamités qui, la plupart du temps, accompagnent le gouvernement populaire. ”
“ XII. La connaissance du législateur dépend du sujet ou du citoyen même ; car le droit de faire des lois ne peut être conféré à personne sans son consentement et sans une convention expresse ou sous-entendue. Elle est expresse lorsque les citoyens dès le commencement établissent entre eux une forme de gouvernement de la république, ou quand ils promettent de se soumettre au commandement d’un certain homme ; elle est au moins sous-entendue, quand ils se servent du bénéfice de l’empire ou des lois de quelque autre État pour leur protection et leur conservation contre les violences étrangères. ”
“ J’ai souvent remarqué que les séditieux qui déclament contre la puissance absolue, ne se mettent point tant en peine pour l’abolir, que pour la transférer à quelques autres personnes. Car, s’ils voulaient l’ôter tout à fait, ils détruiraient entièrement la société civile, et rappelleraient la première confusion de toutes choses. Ce droit absolu du souverain demande une obéissance des sujets telle qu’il est nécessaire au gouvernement de l’État, c’est-à-dire, telle que ce ne soit pas en vain qu’on ait donné à celui qui commande la puissance souveraine. ”
“ XV. La dixième loi de nature commande à chacun de rendre la justice avec une distribution égale de faveur aux deux parties. Par la loi précédente, il est défendu que nous nous attribuions plus de droit de nature, que nous n’en accordons aux autres. Nous pouvons nous en réserver moins, si bon nous semble, et c’est quelquefois un effet de modestie. Mais quand il s’agit de distribuer le droit à autrui, cette loi-ci nous défend de favoriser l’un plus que l’autre : car cela est contre l’égalité naturelle, et l’on fait tort à celui que l’on postpose par ce mépris qu’on témoigne de sa personne. ”
“ Voire parmi ces lois il y en a, desquelles l’omission en l’état de nature vaut mieux (pourvu qu’elle ait pour but la paix et la conservation propre) que si on les observait ponctuellement. En ces occasions, enfreindre la loi de nature, c’est en être le protecteur. Celui qui emploie toutes sortes de moyens contre ceux qui font le même, qui ôte à ceux qui ravissent, ne fait rien contre la justice. Au contraire, pratiquer en temps de guerre ce qui serait tenu en temps de paix pour une action de modestie et de modération, c’est commettre une lâcheté, et se trahir soi-même. ”
“ Après il faut considérer, que lorsqu’on peut n’être pas certainement assuré s’il y a du péché en une action, ou s’il n’y en a point, la repentance ne précède pas, mais elle suit la confession des péchés. Et cela d’autant que la repentance n’est que d’un crime que l’on avoue. Il faut donc que celui qui se repent ne dénie pas l’action qu’il a commise, et qu’il reconnaisse qu’elle est vicieuse, c’est-à-dire, qu’elle est contre la loi. De sorte que si quelqu’un pense que ce qu’il a fait n’est pas contre la loi, il est impossible qu’il s’en repente. ”
“ VII. La royauté a ceci d’incommode en l’opinion de diverses personnes, que la crainte de la mort y est continuelle, parce que chacun peut s’imaginer qu’il est toujours à deux doigts de sa ruine, lorsqu’il pense que le souverain, non seulement peut ordonner les punitions que bon lui semble, à quelques fautes que ce soit, mais que même il peut maltraiter ses sujets innocents, poussé d’un mouvement de colère, ou de quelque autre passion déréglée. Certainement, c’est là un fâcheux inconvénient, lorsqu’il arrive en quelque sorte de gouvernement que ce soit. ”
