Étienne Bonnot de Condillac

Élements biographiques

Portrait de Étienne Bonnot de Condillac Étienne Bonnot de Condillac Le Commerce et le gouvernement considérés relativement l’un à l’autre

Que deviennent les mœurs lorsque les principaux citoyens, qu’on prend pour exemple, forcés à être tout-à-la-fois avides et prodigues, ne connoissent que le besoin d argent, que tout moyen d’en faire est reçu parmi eux, et qu’aucun ne déshonore ? Le luxe fait subsister une multitude d’ouvriers, j’en conviens. Mais faut-il fermer les yeux sur la misère qui se répand dans les campagnes ? Qui donc a plus de droit à la subsistance, est-ce l’artisan des choses de luxe, ou le laboureur ?
C’est une chose de fait que la vie simple peut seule rendre un peuple riche, puissant, et heureux.
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Portrait de Étienne Bonnot de Condillac Étienne Bonnot de Condillac Oeuvres de Condillac. Vol. 10… (1798)

Par conséquent, il est sage de souffrir ce que nous ne pouvons empêcher ; et de suivre sans murmure le Dieu qui nous conduit, et qui conduit avec nous le tout dont nous sommes partie.
Le caractère du sage est donc de tenir étroitement à ce tout. Le monde n'est pour lui qu'une cité, qu'une patrie, qu'une famille. Il ne se considère jamais à part. Quels que soient les événemens, rien ne lui manque, parce qu'il sait que tout tend à la perfection du tout. Au lieu de desirer que les choses se conforment à sa volonté, il demande qu'elles arrivent comme elles arrivent, et il est heureux.
Source : Gallica

Portrait de Étienne Bonnot de Condillac Étienne Bonnot de Condillac Le Commerce et le gouvernement considérés relativement l’un à l’autre

Ceux que je combats regardent comme une grosse méprise de fonder la valeur sur l’utilité, et ils disent qu’une chose ne peut valoir qu’autant qu’elle a un certain degré de rareté. Un certain degré de rareté ! Voilà ce que je n’entends pas. Je conçois qu’une chose est rare, quand nous jugeons que nous n’en avons pas autant qu’il en faut pour notre usage ; qu’elle est abondante, quand nous jugeons que nous en avons autant qu’il nous en faut, et qu’elle est surabondante, quand nous jugeons que nous en avons au-delà.
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