Qualité sensible

Définition et enjeux

Portrait de Guglielmo Ferrero Guglielmo Ferrero Revue des Deux Mondes

Ils savaient que la qualité, — qu’on l’appelle beauté, bonté, justice, gloire, sainteté, noblesse, grandeur ou comme il vous plaira, — est le sel, le condiment de la vie ; ce je ne sais quoi qui varie la saveur des choses, réveille et satisfait toujours de nouveaux désirs, met en fuite l’ennui et la satiété de vivre ; la force qui introduit la variété dans la monotonie mathématique de la quantité ; l’élément qui est le premier principe du progrès et de la civilisation, la racine du bonheur, la raison de vivre, le divin et enivrant sourire du monde.
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Portrait de Gottfried Wilhelm Leibniz Gottfried Wilhelm Leibniz Œuvres philosophiques de Leibniz…

Et, quand on veut former un terme encore plus général, qui comprenne aussi les sons, les goûts et les qualités tactiles, on se sert du terme général de qualité, dans le sens qu’on lui donne ordinairement, pour distinguer ces qualités de l’étendue, du nombre, du mouvement, du plaisir et de la douleur, qui agissent sur l’esprit et y introduisent leurs idées par plus d’un sens.
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Collectif Revue pédagogique, second semestre 1882

Toutes les qualités en effet, les plus prisées et les plus dignes de l’être, la justesse, l’ordre, la mesure, la suite rigoureuse du raisonnement, etc., réclament la force, la santé, comme leur fond nécessaire et en quelque sorte leur subsistance. Ce langage figuré, dont nous sommes réduits à nous servir ici, répond à une réalité ; il n’est pas indifférent de bien comprendre que non seulement tout savoir spécial, mais toute qualité de l’esprit ou de l’âme empruntent à la qualité fondamentale dont nous parlons leur portée véritable et en quelque sorte leur bon ou mauvais aloi.
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