André Cochut

Résumé

André Cochut Revue des Deux Mondes

Ce qui le frappe à la première vue, c’est l’aspect d’aisance universelle que présente le pays. En se promenant dans les rues de New-York avec la curiosité béante d’un nouveau débarqué, il se demande s’il n’est pas arrivé à une époque de vacances, « si tous les jours seraient des dimanches » dans ce pays dont la population lui semble tous les jours endimanchée. Point de ces visages flétris par les privation ou par les miasmes pestilentiels des vieilles cités ; rien de semblable à ces êtres dégradés qui affichent dans nos carrefours leur misère et leur infamie.
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André Cochut Revue des Deux Mondes

La liberté, droit aussi vieux que l’homme, mais fait nouveau dans le monde, n’y peut tracer les sillons qui seront fécondés plus tard sans quelques-uns de ces coups de collier qui ébranlent le sol. Ces impressions, que nous puisons dans la sphère de la politique, nous les rapportons, sans y réfléchir, dans la vie industrielle. Contrairement à nos préjugés, l’autorité en matière économique, c’est l’expédient modifiant la règle. L’ordre véritable, le plan providentiel destiné à mettre en équilibre le besoin et l’effort, le service et la récompense, c’est la liberté.
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André Cochut Revue des Deux Mondes

En décomposant le travail humain, il y distingue un effort corporel et un effort intellectuel. Le premier, soumis aux lois de la matière, ne pouvant se développer sur deux points à la fois, est limité dans ses effets par la puissance de celui qui l’exerce; c’est la main-d’œuvre proprement dite. La dextérité et la vigueur d’un ouvrier ne servent de rien à un autre ouvrier, et quand le labeur cesse, l’utilité s’évanouit. Dans l’effort intellectuel au contraire, il y a un résultat qui survit à celui qui l’a produit, et dont les imitateurs profitent indéfiniment et sans sacrifice.
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