Résumé

Portrait de Paul Leroy-Beaulieu Paul Leroy-Beaulieu Essai sur la répartition des richesses

C’est la grande loi de la liberté de l’industrie, de la responsabilité individuelle, de la propriété privée et perpétuelle, que chacun retire et conserve pour lui seul la totalité des profits que lui apportent son métier, son art, sa profession, sa terre, mais que, par contre, chacun supporte à lui seul les pertes que des changements techniques ou sociaux peuvent lui infliger. C’est à cette condition que notre état social reste équitable et que l’activité humaine acquiert toute sa force.
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Chez le malheureux, le paupérisme se manifeste par la faim lente, dont a parlé Fourier, faim de tous les instants, de toute l’année, de toute la vie faim qui ne tue pas en un jour, mais qui se compose de toutes les privations et de tous les regrets, qui sans cesse mine le corps, délabre l’esprit, démoralise la conscience, abâtardit les races, engendre toutes les maladies et tous les vices, l’ivrognerie entre autres et l’envie, le dégoût du travail et de l’épargne, la bassesse d’âme, l’indélicatesse de conscience, la grossièreté des mœurs, la paresse, la gueuserie, la prostitution et le vol...
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C’est assurément une séduisante tentative que celle de faire intervenir l’État, l’agent souverainement régulateur, le premier banquier de chaque nation, si nous pouvons ainsi parler, dans les relations entre les diverses classes et de lui confier le soin de pourvoir à une moindre inégalité des conditions. Que ne peut faire l’État ? Il légifère, et l’on doit lui obéir ; il emprunte à bon marché, et il peut prêter de même. Tout ce qu’il fournit aux citoyens à grands frais a l’apparence de la gratuité.
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