Baltasar Gracián,
Le Héros
(1725)
“ Car, si Alexandre eut tout l’Orient pour théâtre de ses belles actions, César pour théâtre des siennes eut tout l’Occident. Alphonse le Magnanime, roi d’Aragon et de Naples, disait que les trompettes et les tambours n’animaient pas plus un cheval de bataille que la réputation de César lui enflammait le cœur d’un feu martial. Ainsi, les héros se succèdent-ils à la gloire par l’émulation, et à l’immortalité par la gloire. En toute profession, en toute science, en tout art, on voit toujours quelques hommes qui brillent, tandis que mille autres sont ensevelis dans l’obscurité. ”

