Marius-Ary Leblond

Résumé

Marius-Ary Leblond Revue des Deux Mondes

« La richesse, l’or, l’argent blanc, dit l’amant à l’amie, moi, je n’aime pas ça ; c’est vous que j’aime. » Le plus original n’est point qu’il le dise, mais qu’il soit sincère : l’amour absorbe sa vie, ses forces, à le laisser dédaigneux du reste.
Le Malgache n’y goûte point seulement le plaisir et sa routine ; il a le sentiment de la beauté et la conscience qu’elle est un don inappréciable. Une légende conte l’aventure d’un petit sauvage de la forêt qui, souffrant d’être disgracié, met le feu à un arbre, boucane les narines de Dieu jusqu’à ce qu’il lui accorde la beauté.
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Marius-Ary Leblond Revue des Deux Mondes

Tandis que la ville proche est dans ces colorations bizarres et crues, au loin tout est tendre et fin dans la nature ; le ciel est violet sous des nuances de paille ; les montagnes, de la teinte des graminées, sont si souples qu’elles semblent se déformer à l’œil ainsi que des nuages. Tout est impalpable comme sous une poudre de riz. Il semble que le paysage, que Madagascar s’évapore en poussière, jour à jour, par l’ardeur du soleil pénétrant et torréfiant, sous la ventilation constante par laquelle la grande île est fiévreusement battue douze mois de l’année.
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Marius-Ary Leblond Revue des Deux Mondes

Du haut du Rova (palais) , des suprêmes terrasses de la colline de Tananarive, on domine de toutes parts l’Emyrne, qui, ainsi, est bien « le pays élevé, d’où l’on voit de loin, qui est vu et découvert, » comme l’indique son nom. On est d’abord saisi d’une ivresse grandiose d’espace et de vent et, dans l’air toujours claquant de fortes bourrasques, l’on a seulement la sensation vertigineuse de dominer le royaume rouge qui, tout nu, s’étend aux pieds comme une proie facile aux conquêtes et aux grands travaux.
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