Émile Blavet,
Au pays malgache : de Paris à Tananarive et retour
(1897)
“ Tout Tananarive est dans la rue : et la trombe humaine passe, vertigineuse, entre une double baie de fantômes blancs, suspendus en grappes bruyantes aux fenêtres, alignés en files silencieuses le long des talus, accroupis à l'orientale sur les seuils... Et toutes ces blancheurs éparpillées miroitent sous l'ardent soleil, comme, sur les glaciers de l'Oberland, les neiges éternelles. C'est au son de la Marseillaise, odieusement couacquée par les musiciens ordinaires de Ranavolo, que le cortège fait son entrée dans les jardins de Rajoelina. ”
