Résumé

Charles Renel La Fille de l’Île Rouge

Il avait fui trop rapidement la France, par peur de la femme blanche, et quitté trop vite Madagascar, par dégoût de l’Imérinienne. Pourquoi, dans l’existence, ne sait-on pas s’en tenir aux demi-bonheurs et même aux quarts de bonheur rencontrés en chemin ?
Un semble-soleil luisait sur la Canebière, et le trottoir plein de bruit donnait une illusion de joie. Mais, en face, l’ombre des grandes maisons grises était triste, et Claude, en regardant ce ciel du Midi, d’un bleu si pâle, ouaté de brume, sentit qu’il regrettait déjà, dans la terre des Cimmériens, le mirage austral.
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Charles Renel La Fille de l’Île Rouge

Claude la reconnaît mal dans la brume du matin que le soleil ne parvient pas à dissiper. C’est le 6 avril, le commencement du printemps d’Europe ; le mistral souffle avec force, aigre et froid ; la mer est dure ; le bateau roule fortement. Le ciel n’est bleu qu’au zénith. L’Européen ne peut pas s’empêcher de songer avec mélancolie aux beaux horizons limpides de l’île australe. Il se dit que cette côte grise, là-bas, c’est le sol de sa patrie, qu’il devrait être dans l’allégresse du retour voulu et désiré par lui. Il s’accuse d’indifférence, regarde ses compagnons de voyage.
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Charles Renel La Fille de l’Île Rouge

Il se rappelait un petit sentier cahoteux, au coin d’un grand tombeau, crut le reconnaître, s’y engagea. Des eaux sales stagnaient, suintaient entre les pierres, répandaient une odeur d’égout, à la fois sûre et fade. Le chemin sinuait entre de grands murs de terre rouge, découronnés et crevassés d’innombrables lézardes. Des brèches, ça et là, servaient de portes pour entrer dans des cours pleines d’immondices, de poules et d’enfants. Claude avait maintenant l’impression de s’être trompé. Mais la vie obscure et misérable, hors du grand soleil, dans l’ombre des venelles, l’intéressait.
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