“ Il savait cependant qu’elle existait dans les Îles Bienheureuses ; et que près de Papeete, en Tahiti, tout un canton, celui d’Orofara, était le domaine des lépreux. La lèpre ! Le mal effroyable dont la touche change les hommes en monstres et ne les tue enfin qu’après les avoir atrocement mutilés. La lèpre ! Être lépreux, voir chacun de ses doigts mourir l’un après l’autre et se détacher comme un fruit gâté, puis les bras se rogner, le visage gonfler comme celui d’un noyé tandis que le nez, les paupières, les lèvres tombent en pourriture ; la peau qui se couvre de croûtes hideuses. ”
Lèpre
Définition et enjeux
La lèpre, maladie infectieuse chronique causée par Mycobacterium leprae, a marqué l'histoire humaine par ses séquelles et ses stigmates sociaux. Des auteurs comme Démétrius Zambaco Pacha ou Alphonse Esquiros ont souligné son rôle dans les préjugés médiévaux et son existence ancienne, réfutant les théories simplistes de son origine.
Philippe Panneton en décrivait les horreurs physiques, tandis qu’A. Dastre notait sa persistance géographique. Aujourd’hui, traitée par des antibiotiques, elle reste un sujet de recherches épidémiologiques, notamment sur ses réservoirs animaux et ses modes de transmission.
Citations sur la lèpre
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Voyages chez les lépreux, par le Dr Zambaco Pacha… (1891)
“ Néanmoins, le peuple a une telle frayeur de la lèpre qu'il ne voudrait pas traverser de suite la rue dans laquelle viendrait à passer un lépreux! Et pourtant ils ne manquent pas de les coudoyer chaque jour aux églises, aux marchés, aux cafés, partout enfin, souvent à son insu, mais parfois aussi en toute connaissance de cause. ”
Albert Germeau, La Réforme en 1560 ou Le tumulte d'Amboise scènes historiques (1829)
“ Mais est-il vrai, monsieur le Curé, qu'on ne meurt pas de la lèpre ? LE CURÉ. Non, mes enfans, on n'en mourrait pas quand même on l'aurait : mais la lèpre si commune autrefois surtout parmi ceux qui avaient offensé le Seigneur, est presque inconnue à présent, surtout dans ce pays. D'ailleurs si le Roi avait la lèpre, il aurait plus besoin de bon air et d'une saine nourriture que du sang de vos enfans. MARGOT. Pourtant, monsieur le Curé, je vous jure qu'on voit dans nos campagnes beaucoup d'hommes à mauvaise figure qui disent qu'ils cherchent des enfans pour guérir le Roi. ”
Alphonse Esquiros,
Revue des Deux Mondes
“ Il y avait un fléau suspendu sur les populations livides du moyen-âge ; ce fléau redoutable était la lèpre. De tout temps, la peur fut égoïste. Les races soupçonnées de recéler en elles les germes de cette maladie odieuse se trouvèrent frappées d’avance par l’anathème. La terreur de la lèpre était si grande au XIIIe siècle, qu’elle survécut même à la maladie. Les préjugés ne veulent jamais avoir tort. Il reste à examiner si certaines constitutions de race n’ont pas le triste privilège de fixer sur elles certaines maladies. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Presque tous les auteurs, simples historiens ou médecins, se plaisent à se copier et à répéter que la lèpre fut introduite en Italie par les armées de Pompéi, revenant de Syrie ou par les croisés. Erreur profonde que nous avons toujours combattue. La lèpre a sévi dans tout l'univers, dès la plus haute antiquité, tant en Europe qu'en Asie, en Afrique et probablement en Amérique. ”
Maxime Du Camp,
Revue des Deux Mondes
“ La lèpre est devenue tellement rare en nos pays de France, que l’on peut affirmer presque avec certitude qu’elle n’y existe plus. Dans une bauge mansardée, au milieu d’exhalaisons fétides, Mme Garnier trouva une femme couchée sur des chiffons empestés et dont le corps n’était plus qu’un ulcère. L’ivrognerie, la débauche et ce qui s’ensuit semblaient avoir frappé sur cette créature leurs coups les plus formidables. ”
Alfred Ligneul,
L'évangile au Japon au XXe siècle…
(1904)
“ Le dernier, dans un langage poli et senti, rappelle aux hôtes de la Léproserie le souvenir de leurs bienfaiteurs, et les engage avec discrétion à ne jamais oublier la reconnaissance. Et la lèpre, où est-elle ? Personne n'y pense plus ; les lépreux l'ont oubliée depuis longtemps, et vous aussi. Les corps, si on les regardait seuls, feraient reculer. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Voyages chez les lépreux, par le Dr Zambaco Pacha… (1891)
“ Ces gens, devenus plus tard lépreux, ont continué à vivre dans leur famille et dans la société, fréquentés par tout le monde, et cela pendant des années, et jusqu'à leur mort déterminée par la lèpre. Aucun parent, aucun ami n'a gagné la lèpre, qui d'ailleurs n'aurait jamais atteint un citadin. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Au commencement de mes études sur la lèpre je ne remontais pas suffisamment dans l'arbre généalogique des lépreux qui aussi cachaient leur tare héréditaire par tous les subterfuges pour épargner la réputation de leurs familles ; mes enquêtes n'allaient pas alors plus loin que les parents et les grands-parents. Mais l'expérience m'a appris bientôt qu'il fallait chercher parfois bien loin dans l'ascendance, jusqu'à trois, quatre et parfois cinq générations ; ce qui n'est guère facile et devient même impossible dans la plupart des cas. ”
A. Dastre, Revue des Deux Mondes
“ I La lèpre est répandue dans le monde entier. Il n’y a point de pays où l’on ne puisse trouver quelque sujet qui en soit atteint. A Paris même, il y a une petite colonie d’une vingtaine de lépreux dans le service du docteur Hallopeau à l’hôpital Saint-Louis. Tous ou presque tous ont contracté le germe de l’affection dans les pays lointains, à la Guyane, au Brésil, dans l’Inde, au Tonkin ou en Chine. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Si un habitant est soupçonné d'avoir la lèpre, une députation de la léproserie se rend auprès de lui, l'examine et si elle reconnaît en lui un congénère, l'invite à l'accompagner à leur léproserie pour vivre avec eux. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Voyages chez les lépreux, par le Dr Zambaco Pacha… (1891)
“ Le peuple croit que la lèpre est une punition divine, infligée aux voleurs, aux faux témoins et à tous les malfaiteurs en général. Les Cretois d'élite se gardent bien de combattre cette croyance, qui maintient bien des mauvais sujets dans la voie de l'honnêteté. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Trois peuples de l'antiquité ont propagé la lèpre dans l'univers, par leurs migrations et leurs colonies : Les Phéniciens, les Hébreux et les Grecs ou Ioniens, successeurs des Phéniciens, comme navigateurs, commerçants et colonisateurs. ”
Pierre Bertet, La Lèpre en France (1911)
“ « La lèpre vient du lépreux, c’est avec les hommes que la lèpre se déplace et c’est leurs mouvements qui règlent sa marche. » Cette phi’ase du professeur Besnier résume toute l’étiologie de la lèpre en France. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Voyages chez les lépreux, par le Dr Zambaco Pacha… (1891)
“ Il y en a qui sont restés cinq, dix et même vingt ans ; il n'y en a pas qui soit devenu lépreux. L'église des lépreux est miraculeuse. Le monde des environs s'y rend en foule, en pèlerinage et à la messe. Mais il est à remarquer que le peuple communie d'un calice spécial, et ne boit pas dans celui des lépreux, comme cela se pratique ailleurs. Le peuple désigne la lèpre exsudative sous le nom de lèpre femelle, et la tropho-nerveuse ou rétractile sous celui de lèpre mâle. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Il paraîtrait que dans les contrées froides, où il y a plus d'humidité et un soleil moins ardent, la lèpre se développe bien plus et qu'elle y est plus aiguë et plus variable dans ses formes. Il paraîtrait aussi que la forme nerveuse est plus fréquente en Egypte que la tubéreuse. Si nous admettons que la lèpre est bénigne en Egypte et sans tendance remarquable à se propager parmi les Égyptiens, nous avons à considérer aussi si les étrangers y courent grand danger pour la contracter. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Voyons maintenant les idées des Docteurs du Thalmud sur la lèpre. Nous ferons encore des emprunts au livre du Dr Babbinowicz. D'abord ils n'admettent pas la contagion. Les vêtements et les maisons des lépreux ne sont pas impurs. A. Si le fiancé paraît, le jour de son mariage, atteint de la lèpre, on lui permet de ne se faire examiner qu'à la fin du septième •jour de la noce. B. Il en est de même d'un individu participant à la fête de Pâques où des tabernacles. S'il y a doute sur l'existence de la lèpre, le malade doit être considéré comme pur. ”
Fulcran Vigouroux, Dictionnaire de la Bible - Vigouroux
“ Cette dernière traduction s’appuie sur ce que la lèpre est plusieurs fois mentionnée dans la Sainte Écriture à titre de châtiment divin, comme c’est le cas de Marie, sœur de Moïse, de Giézi, d’Ozias, et qu’elle est désignée par le mot néga’, « plaie. » Lev., xiv, 3, etc. En réalité, le Sauveur a été vraiment traité comme un lépreux, puisqu’il a été frappé par Dieu et mis hors de la société des hommes. IV. Lèpre des vêtements. — Par analogie, le législateur désigne sous le nom de lèpre certains phénomènes qui se produisent sur les vêtements ou sur les pierres. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ La lèpre est contagieuse, Paris, 1887, il soutint que toutes les bêtes, les dindons, les cochons, l'âne même de la léproserie dont il dirigeait le psychisme, avaient contracté la lèpre! Et pourtant jamais aucun expérimentateur n'a pu inoculer la lèpre à un animal quelconque. C'est une maladie exclusive à l'homme. ”
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ La lèpre morale est tout aussi effrayante que la lèpre physique, et l’homme imploré par le libéré le chassera, ne pouvant croire à son repentir, et voyant à travers un nuage sanglant les jours qu’il passerait dans son champ ou dans son atelier. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Une mère ayant plusieurs enfants voit la lèpre se déclarer chez l'un d'entre eux; tandis que l'aîné et le puîné restent indemnes, bien que tous vivent ensemble. C'est que la lèpre avait existé chez quelques-uns des ascendants. Une jolie femme, comptant des lépreux dans sa famille, épousa un garçon très bien portant et sans antécédents héréditaires. La vie conjugale a duré 48 ans; quinze enfants en sont issus; deux fils et deux filles eurent la lèpre seulement. ZAMBACO. Anthologie. ”
Paul Lacroix,
Contes littéraires du bibliophile Jacob à ses petits-enfants
“ La lèpre ! répéta Rabelais, la lèpre ! C’est une grande maladie et difficile à traiter. Nous y aviserons toutefois. Mon ami, ayez foi en Dieu, n’importe lequel, celui des juifs ou celui des chrétiens, et Dieu vous guérira. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Au contraire, lorsqu'il n'y a qu'un lépreux dans le ménage, lorsque la lèpre est à son début, et que l'autre conjoint est sain, plein de jeunesse et de vigueur, les enfants naissent dans de bien meilleures conditions et prospèrent. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Après avoir, pendant trois siècles, considéré la lèpre comme tout à fait disparue, l'apparition de nouveaux cas dans l'archipel grec, en Russie, aux côtes de la Baltique et de la Méditerranée, et surtout en Espagne, a mis en émoi le monde scientifique médical et l'obligea d'étudier plus profondément la maladie et de prendre des précautions contre ce terrible fléau. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Ils avaient lu les travaux de quelques médecins de la marine, directeurs de léproseries dans les colonies, du Dr Brassac surtout qui fit de la sclérodactylie une variété de l'éléphantiase grecque sous le nom de lèpre dactylique. Mais les promoteurs de cette nouvelle entité morbide répondirent, comme toujours, qu'il s'agissait de sujets qui n'avaient jamais quitté la France, qui n'ont jamais été en relations avec des lépreux, et que d'ailleurs, la lèpre avait radicalement disparu de France depuis plusieurs siècles ; ce qui parut un argument irréfutable et coupa court à toute controverse. ”
Henri-Marcel Fay, Histoire de la lèpre en France… (1910)
“ Nous avons entrepris ce livre à Pau. Nous nous occupions depuis quelque temps déjà de l'histoire de la lèpre, quand notre excellent confrère et ami le docteur Diriart (de Pau) nous signala l'intérêt qu'il y aurait pour nous à refaire complètement l'histoire des cagots, dont le passé était plutôt obscur, et sur lesquels nous aurions quelque chance de découvrir des documents curieux et ignorés. Les sentiers non encore battus étaient nombreux. Nous nous mîmes aussitôt au travail; les difficultés de l'entreprise ne firent que nous rendre la tâche plus captivante. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Ces faits rapprochés de ceux que nous avons signalés nous-même doivent faire regarder comme très exagérées les craintes que l'on a conçues sur la communication de la lèpre, et faire souhaiter à tous les amis éclairés de l'humanité que l'on modifie les mesures presque barbares qui sont prises encore aujourd'hui contre les malheureux lépreux. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Je me suis rendu à Vitrolles et à Martigues, pour compléter l'enquête que nous avions commencée ensemble, sur les reliquats lépreux dans les Bouches-du-Rhône. A Vitrolles, d'après les renseignements que j'ai eus, il existe trois cas de lèpre. Ce sont trois vieilles femmes retirées et recluses qu'il est impossible de voir. ”
Henri-Marcel Fay, Histoire de la lèpre en France… (1910)
“ Dans les léproseries du Sud-Ouest, comme ailleurs, un malade, ou à son défaut une personne quelconque, était chargé de quêter à la porte des villes et des églises. Quand c'était un lépreux qui sortait, il devait se munir des cliquettes, signe certain qu'il était atteint de lèpre rouge. Il ne pouvait pénétrer dans les villes qu'à certains jours. Une ordonnance de police pour Bordeaux (1495-1496) voulait qu'on jetât hors de la ville les ladres, sauf aux jours accoutumés ”
Henri-Marcel Fay, Histoire de la lèpre en France… (1910)
“ CAGOTS, CRETINS ET GOITREUX 105. époques les plus obscures de notre histoire, et de faire intervenir les ravages de la lèpre ' ». Mais, « on ne croira plus que ces malheureux doivent l'existence à des lépreux bannis de la société des hommes sains : on a chassé et enfermé les lépreux, mais on ne les a ni vendus, ni légués, ni donnés 2. » Voilà le gros argument! Il se ressent de l'esprit de cette fin du XVIIIe siècle, trop pressé de condamner tout ce qui avait été pensé dans les siècles précédents. Quand donc a-t-on vendu, légué, donné, des lépreux? ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ La lèpre est répandue dans tout le royaume. Dans certains villages, il y a des lépreux dans toutes les familles ; tant que le lépreux est valide, il vit dans sa famille ; plus tard on l'isole dans une case. Les indigents mendient. Il y en a qui vendent toutes choses dans les marchés, même des comestibles. Le divorce est possible, si l'un des époux devient lépreux. On enterre les lépreux ; on ne les incinère pas, de peur que la fumée ne communique la maladie aux assistants! Les lépreux sont nombreux. Dans certaines localités tous les habitants le sont. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Voyages chez les lépreux, par le Dr Zambaco Pacha… (1891)
“ Pour mon compte mes éludes m'ont tellement convaincu que la lèpre, à part l'hérédité, reconnaît comme facteur essentiel la misère, que je suis certain que le jour où le sort du paysan amélioré lui permettra d'être plus propre, de se mieux vêtir, de se mieux loger et de se mieux nourrir, ce terrible fléau de l'humanité s'éteindra spontanément. ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ Les lépreux circulent partout. Ils montent même en wagon. Les frais d'entretien de la léproserie remontent à près de 5o ooo francs. La lèpre atteint aussi bien les Indiens, les noirs de la côte d'Afrique que les créoles. En 1902, la léproserie dirigée par le Dr Auber contenait 61 pensionnaires dont le plus âgé avait 77 ans, et le plus jeune 22. La lèpre, appelée koui, règne dans toutes les îles de l'Océanie: Archipel de la Société, des Marquises, des Tuamolu, Gambier, Tubuai, R.aivavae, Râpa, Rurutu, Rimatara, depuis bien longtemps. On accuse toujours les Chinois de l'y avoir importée. ”
Henri-Marcel Fay, Histoire de la lèpre en France… (1910)
“ Il est remarquable qu'en aucun document ne figurent de cagots serfs ou questaux; il n'existe point de trace de leur servitude; aucun d'entre eux n'est cité dans le registre des serfs du quartier de Sauveterre pour 13883. Comment alors expliquer qu'ils aient payé le francau? Deux théories peuvent être défendues. C'est à la première, la plus simple, que nous donnons la préférence. Un serf, comme tout homme, pouvait être frappé de lèpre. Le fait d'être lépreux le mettait dans une condition nouvelle puisqu'il pouvait aussitôt entrer dans une léproserie, et devenir ainsi sujet de l'Église ”
Démétrius Alexandre Zambaco Pacha, Anthologie. La Lèpre à travers les siècles et les contrées… (1914)
“ La fille mourut dans la léproserie de Chio. Mariée à neuf ans, avant l'apparition de la lèpre, elle eut deux filles dont la cadette devint lépreuse à 15 ans; elle mourut aussi dans la léproserie. L'aînée mariée depuis 20 ans est indemne ; mais un de ses enfants, une fille âgée de 15 ans, présente déjà les premiers signes de la lèpre. Le Dr Livanidés ajoute avoir souvent vu la lèpre sauter des grands-parenls aux petits-enfants, en respectant la génération intermédiaire, et parfois même deux générations. D. Chiote abandonna sa femme et ses deux enfants mâles, et se rendit à Constantinople. ”
Henri-Marcel Fay, Histoire de la lèpre en France… (1910)
“ Outre plus il faut estimer, que lorsque les signes (de la lèpre) apparaissent au dehors, le commencement est longtemps auparavant au dedans, à raison qu'elle se fait tousjours plustost aux parties intérieures qu'extérieures : toutesfois aucuns ont la face belle, et le cuir poly et lissé, ne donnant aucun indice de Lèpre par dehors, comme sont les ladres blancs, appeliez cachots, que l'on trouue en Bretagne, et plusieurs autres lieux, qui m'est une chose indicible 2. ”
