Paul Lacroix,
Contes littéraires du bibliophile Jacob à ses petits-enfants
“ C’était moi qui jouais du luth et chantais à l’unisson avec mon maître Philippe, l’aveugle du Pont-Neuf ! J’aimerais mieux être esclave chez les Algonquins, que de subir la tyrannie de ce diable, de ce païen, qui bientôt m’écorcherait vif. Holà ! assistez-moi, bonnes gens, pour l’amour de Dieu, sinon il me tuera sans rémission ! Dites, je vous en prie, au bon Savoyard, mon ancien maître, qu’il me tire de cet enfer. — Mordié ! dit le Savoyard, frappé de cet accent plaintif, qu’il reconnut : c’est toi, mon fils, c’est toi, fin voleur de cotignac ! Dieu te garde, mon enfant ! ”
