“ Djalma ne répondit pas, mais son regard brillait de tant de bonheur, de tant de sérénité, que le métis se sentit complètement rassuré ; aucun nuage de défiance ou de doute, si léger qu’il fût, n’obscurcissait les traits radieux du prince. Celui-ci, après quelques moments de silence, releva sur le métis ses yeux à demi voilés d’une larme de joie, et répondit avec l’expression d’un cœur qui déborde d’amour et de félicité : — Oh ! le bonheur,... le bonheur ;... c’est bon et grand comme Dieu ;... c’est Dieu... — Ce bonheur vous était dû, monseigneur, après tant de souffrances... ”
Eugène Sue
Élements biographiques
Eugène Sue (1804-1857), écrivain français engagé, s’illustre par ses romans-feuilletons sociaux, Les Mystères de Paris (1842-1843) et Le Juif errant (1844-1845), qui dénoncent les injustices et les travers de la société.
Auteur prolifique, il explore également l’exotisme, les mœurs et l’histoire, avec des œuvres comme La Salamandre ou Les Mystères du peuple. Son style, mêlant action dramatique et critique sociale, le place au cœur du romantisme noir et de la littérature engagée, marquant durablement le roman français du XIXe siècle.
Citations de Eugène Sue
Eugène Sue,
Les Mystères de Paris
“ Rien ne peut anéantir le passé... Encore une fois, pardonnez-moi, mon père... je vous l'ai caché jusqu'à présent... mais le souvenir de ma dégradation première me désespère et me tue...—Clémence, vous l'entendez!... s'écria Rodolphe avec désespoir.—Mais, malheureuse enfant! dit Clémence en prenant affectueusement la main de Fleur-de-Marie dans les siennes, notre tendresse, l'affection de ceux qui vous entourent, et que vous méritez, tout ne vous prouve-t-il pas que ce passé ne doit plus être pour vous qu'un vain et mauvais songe?—Oh! fatalité... fatalité! reprit Rodolphe. ”
Eugène Sue,
Les Mystères du peuple
“ L’amour est pénétrant. Mademoiselle de Plouernel devine la secrète pensée de Nominoë, sourit, et s’adressant à lui avec un fin et charmant sourire : — Soyez sincère, ami, vous me trouvez trop belle ? — Berthe, que dites-vous ?... — Allons, ami, avouez-le, selon vous, la pâleur siérait mieux, n’est-ce pas, à mes traits que le rose ? Des larmes récentes devraient ternir l’éclat de mon regard... une expression navrante devrait crisper mes lèvres... mais point ! j’ai l’œil brillant, la joue vermeille, le sourire aux lèvres ! rien en moi ne trahit le morne désespoir ! ”
