Nominoë

Définition et enjeux

Portrait de Eugène Sue Eugène Sue Les Mystères du peuple

« — Oh ! fils de Joel... vous qui un jour lirez ces lignes tracées par moi, Nominoë Lebrenn, en ce moment suprême... au manoir de Mezléan, sous les yeux de Berthe de Plouernel... songez à cet ange de bonté, de concorde... et, en son nom, oubliez, pardonnez le mal que sa famille a fait à la nôtre !... »
— Noble cœur ! — reprend Berthe, les yeux humides de douces larmes et contemplant Nominoë avec une expression d’amour ineffable. — Ah ! vous l’avez dit, et ces paroles sont restées gravées dans ma mémoire. — « La haine est si amère, et le pardon si doux. »
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Ce corbeau noir de ce matin ? et cette petite colombe morte ?... vous savez ?... Non, non, le Seigneur Dieu ne voulait pas que je fusse l’épousée de Nominoë... Nous avons échangé nos anneaux... — et elle a porté à ses lèvres l’anneau qu’elle avait au doigt ; — j’étais sa femme, et me voici, de son vivant, sa veuve... Il m’avait épousée par bonté d’âme, mais le Seigneur Dieu ne voulait pas ce mariage... Que sa volonté s’accomplisse ! Que Nominoë soit heureux !... Il faut, bon père, lui pardonner, comme je lui pardonne, le chagrin que, malgré lui, il nous cause... Ce n’est pas sa faute...
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Il est impossible de rendre la sublime expression des traits de mademoiselle de Plouernel en prononçant ces dernières paroles. Nominoë contemplait Berthe avec un recueillement religieux ; car, ainsi qu’elle le disait, un pareil amour n’avait rien de terrestre : il semblait, par son élévation, toucher au ciel !
La parole est impuissante à exprimer certaines émotions. Nominoë, le visage baigné de larmes, restait silencieux.
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