Résumé

Portrait de Friedrich Max Müller Friedrich Max Müller La science du langage : cours professé à l'Institution royale de la Grande-Bretagne en l'année 1861… (1867)

Je réponds sans hésitation : la grande, l'infranchissable barrière entre les bêtes et l'homme, c'est le langage. L'homme parle, et aucun animal n'a jamais proféré un mot : c'est là l'abîme qui nous sépare, et que rien ne pourra jamais combler. Voilà le simple fait par lequel nous répondons à ceux qui nous parlent de progrès et de développement; qui croient trouver chez les singes les rudiments, au moins, de toutes les facultés humaines; et qui voudraient ne pas renoncer à la possibilité que l'homme ne soit qu'un animal privilégié, le vainqueur heureux dans la lutte de la vie.
Source : Gallica

Portrait de Friedrich Max Müller Friedrich Max Müller La science du langage : cours professé à l'Institution royale de la Grande-Bretagne en l'année 1861… (1867)

Dans le vocabulaire anglais, la science du langage peut découvrir, par ses propres procédés, les éléments celtiques, normands, grecs et latins, mais il n'est pas entré une seule goutte de sang étranger dans le système organique de la langue anglaise. La grammaire, qui est l'âme même du langage, est restée aussi pure de tout mélange, dans l'anglais qu'on parle aujourd'hui d'un bout à l'autre des Iles-Britanniques, qu'elle l'était dans cette même langue à l'époque où la parlaient, sur les bords de l'océan Germanique, les Angles, les Saxons et les Jutes du continent.
Source : Gallica

Portrait de Friedrich Max Müller Friedrich Max Müller La science du langage : cours professé à l'Institution royale de la Grande-Bretagne en l'année 1861… (1867)

Chez lui, par un rare privilége, une prodigieuse variété de lectures et la pratique d'une science où il faut compter les lettres et peser les accents n'ont rien enlevé à la vivacité et à l'éclat d'une imagination qui réussit, avec un don d'intuition vraiment merveilleux, à deviner, à nous rendre sensibles, à peindre dans leurs nuances les plus fines les sentiments et les idées de ceux que l'on peut appeler les premiers hommes, des naïfs et profonds créateurs du langage articulé.
Source : Gallica

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