Adolphe Granier de Cassagnac

Adolphe Granier de Cassagnac

Résumé

Portrait de Adolphe Granier de Cassagnac Adolphe Granier de Cassagnac Histoire des origines de la langue française (1872)

« L'art avec lequel chaque langue dispose ses termes, dit le grand philologue, ne dépend pas de l'invention des hommes, encore moins de leur caprice : il est propre à chaque langue, et il constitue son génie (1) . » * C'est précisément en se fondant sur les rapports naturels et pour ainsi dire physiologiques des langues que les critiques romains avaient remarqué et constaté l'étroite parenté du latin de Home et du grec.
Langue et nation sont deux termes corrélatifs, car tout peuple qui a une nationalité propre a par cela même une langue distincte, qui en fait partie.
Source : Gallica

Portrait de Adolphe Granier de Cassagnac Adolphe Granier de Cassagnac Histoire des origines de la langue française (1872)

Un Vénitien n'entend pas un Toscan, et un Napolitain n'entend pas un Lombard.
En Espagne, un Andalous n'entend pas un Galicien, et un Catalan n'entend pas un Castillan.
En France, un Normand n'entend pas un Provençal, et un Franc-Comtois n'entend pas un Béarnais.
Cependant, tous les Italiens, tous les Espagnols, tous les Français parlent au fond la même langue ; et la difficulté de s'entendre de province à province vient des formes, de la prosodie, de l'accent qui constituent les dialectes ; accent, prosodie, formes qui rendent quelquefois le même mot méconnaissable de province à province.
Source : Gallica

Portrait de Adolphe Granier de Cassagnac Adolphe Granier de Cassagnac Histoire des origines de la langue française (1872)

En latin, l'impératif n'a que deux temps, le présent et le futur; en grec, il en a trois, le présent, le futur et le passé. C'est donc une nuance de plus, à l'avantage du verbe grec. Le latin n'a pas non plus l'aoriste. Dans le grec, le parfait se forme avec le futur, et reçoit l'augment ; en latin, le parfait de certains verbes, sans avoir le même mode de formation, reçoit aussi l'augment, et prend cette forme insolite : momordi, poposci, pepugi, fefelli, tetigi, que les grammairiens considèrent comme primitivement empruntée à la langue grecque (1) .
Source : Gallica

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