Abel-François Villemain

Abel-François Villemain

Résumé

Portrait de Abel-François Villemain Abel-François Villemain Cours de littérature française… (1840)

En France, les fabliaux n'étaient que des traditions bourgeoises et populaires, écrites par le premier venu : en Italie, ils furent des ouvrages d'art, composés par des hommes de génie ; et l'homme de génie seul fixe une langue, en la personnifiant par son style. Tant qu'il n'y a, pour ainsi dire, d'imagination que dans la foule, dans le peuple d'un pays, l'idiome est variable, incertain ; c'est une mer agitée, où l'on ne peut élever aucune construction. Mais quand l'imagination supérieure d'un homme maîtrise toutes les autres, elle laisse après elle un monument durable.
Source : Gallica

Portrait de Abel-François Villemain Abel-François Villemain Cours de littérature française… (1830)

Mais comme cet effet tient à la passion encore plus qu'au talent, comme c'est l'éclair
de l'héroïsme reflété dans les vers, en ce genre la poésie des Troubadours n'a pas produit de longs ouvrages. Il n'y a pas là de Dante; il n'y a pas même de Pétrarque. Ce sont des effusions éloquentes et passagères de colère et de haine ; ce sont des chants du moment. Tant que le guerrier troubadour a été sous le feu de sa passion, il a été poète; mais ce génie habile, cet art profond, cette science surtout d'avoir longtemps du talent, il ne semble pas qu'elle leur ait été donnée.
Source : Gallica

Portrait de Abel-François Villemain Abel-François Villemain Cours de littérature française… (1830)

Ce qu'elle a de brillant et de sonore ne fournit pas assez pour nous à la réflexion. Dans la vie tout extérieure, toute sensitive des peuples du midi, l'harmonie seule défraie, pour ainsi dire, la poésie. Cette harmonie charme encore un étranger, quand il peut l'écouter dans l'idiome original; mais c'est un son qui s'affaiblit et meurt dans une traduction ; et ce qui reste de sentiment et de pensée n'a pas toujours assez de force et de variété pour soutenir l'intérêt. Sous ce rapport, la poésie romane ressemble bien peu à celle que, dans nos temps modernes, on a nommée romantique.
Source : Gallica

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