Résumé

Fauriel Revue des Deux Mondes

« Dame, dit alors Geoffroi, daignez m’accorder une grâce qui vous coûtera peu. — Quelle autre grâce puis-je vous accorder que de vous faire mourir bien vite ? demande Brunissende. — Laissez-moi, répond Geoffroi ; laissez-moi dormir encore un peu avant de mourir. » Là-dessus, le sénéchal prend la parole : « Cela ne peut vous causer aucun dommage, dit-il à Brunissende, laissons-le dormir, et ne le faisons pas mourir sans savoir d’où, ni qui il est ; car, parmi les hommes qui s’en vont par le monde, en quête de guerre et d’aventures, il en est qui sont de grands personnages et de haut rang.»
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Fauriel Revue des Deux Mondes

« Dame, répond Geoffroi, que toutes vos volontés soient faites, m’y voici prêt. Vos chevaliers n’ont que faire de me retenir : votre beauté est pour moi un lien beaucoup plus fort que tous les leurs ; puisque je vous ai fait à mon insu du mal et du déplaisir, vengez-vous-en, je ne prendrai pour me défendre ni lance ni épée. »
Brunissende, l’entendant si gracieusement parler, s’en étonne et s’en émeut, sa colère tombe, et l’amour la blesse à son tour au cœur. Elle pardonnerait à l’instant à Geoffroi si elle l’osait, mais elle a peur des méchans discours.
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Fauriel Revue des Deux Mondes

Il n’y a point de privation, point de douleur que le romancier ne leur fasse souffrir. Il semble avoir peur de ne pas inspirer assez d’admiration pour leur constance, de ne pas exciter pour eux tout ce qu’il y a de plus vif et de plus poignant dans la pitié. Quant à Charlemagne, peu lui importe qu’on le trouve dur et barbare dans la prospérité, après l’avoir vu désolé et criard dans les revers. C’est Renaud, c’est le chevalier, c’est le seigneur de Montauban, ce n’est pas le monarque qu’il a voulu peindre, faire aimer et admirer.
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