Résumé

Louis Petit de Julleville Histoire de la langue et de la littérature française

Les luttes désespérées et farouches où deux races se mordent et se tuent, des torrents de sang répandu, des mères en larmes sur les corps agonisants de leurs fils, la désolation, le massacre, la mort, voilà la vie de l’Épopée, qui se passionne volontiers pour les vaincus et n’a point pour devise Væ victis. Elle n’a plus désormais besoin pour devenir que de quelque héros central qui personnifie puissamment toute une nation, toute une religion, toute une race. C’était Achille hier, ce sera Roland demain.
L’Épopée a désormais tout ce qui lui faut pour vivre. Elle peut naître, elle naît.
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Louis Petit de Julleville Histoire de la langue et de la littérature française

Il n’y a pas mensonge, à bien dire, lorsqu’on n’a pas conscience que l’on ment. C’est ce qui arrive souvent, au moyen âge, aux auteurs les moins véridiques. En effet le moyen âge n’a jamais distingué sérieusement l’histoire de la légende. Écrire l’histoire, pour eux, c’est raconter ce qu’on a ouï dire. Mais la légende aussi peut se définir de la même façon. La légende n’est pas toujours la fiction ; ce n’est jamais la fiction pure ; la légende c’est ce qu’on raconte ; mais l’histoire non plus n’est pas toujours pure vérité.
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Louis Petit de Julleville Histoire de la langue et de la littérature française

Tant que les hommes parlent, ou même écrivent, seulement pour communiquer leurs idées et se faire entendre, leur langue n’a rien, pour cela, de littéraire. Dès qu’ils désirent plaire et toucher, non seulement par les choses qu’ils disent, mais par la manière dont ils les disent, dès qu’un sentiment d’art, si simple qu’il soit, se mêle à la parole et à l’écriture, la littérature existe.
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