Jean de Meun

Définition et enjeux

Louis Petit de Julleville Histoire de la langue et de la littérature française

Le plus souvent Jean de Meun voile l’indécence de sa pensée par des métaphores, mais ces métaphores sont généralement plus indécentes encore. En certain endroit même, non seulement il ne recule pas devant les mots les plus cyniques, mais il les recherche avec affectation. C’est une fanfaronnade. Il ne croit pas plus à la valeur du spirituel paradoxe par lequel il essaie de justifier ces expressions « baudes et folles » qu’il n’est convaincu de la perversité innée de la femme ; et pas plus dans un cas que dans l’autre il ne semble disposé à suivre les conseils qu’il se plaît à donner.
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Portrait de J.-J. Ampère J.-J. Ampère Revue des Deux Mondes

Comment considérer la volonté humaine comme indépendante de celle dans laquelle vit et se meut tout esprit ? Mais, si Jean de Meun n’a pas délié le nœud qui ne l’a été encore, que je sache, par nul philosophe et nul théologien, il a eu le mérite d’exposer les solutions qu’il combat, et la sienne propre, en termes assez clairs pour être compris, et c’est cet emploi de la langue française de son temps qu’il était important de signaler.
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Portrait de J.-J. Ampère J.-J. Ampère Revue des Deux Mondes

Tel était l’homme, telle était du moins l’opinion qu’on avait de lui. Fausses ou vraies, ces deux anecdotes montrent ce dont on le croyait capable. Jean de Meun était donc un gausseur sans respect pour les femmes et pour les religieux. Il y paraîtra dans son livre.
De plus, Jean de Meun était un homme docte. Guillaume de Lorris, par le tour de ses idées, se rattache aux trouvères des XIIe et XIIIe siècles, dont il a recueilli les traditions de galanterie ingénieuse et délicate. Jean de Meun appartient déjà à la classe des versificateurs érudits du XIVe siècle.
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