“ Tu sais que la dîme est le cens que tu dois à Dieu et le signe de son domaine universel ; mais, eux, il faut qu’on les menace d’excommunication s’ils ne veulent pas solder intégralement ce qu’ils doivent sur le blé, le vin, les fruits, le foin, le lin, le chanvre, le fromage, et les portées des animaux. Tu sais que ceux qui retiennent la dîme compromettent le salut de leur âme. ”
Dîme
Définition et enjeux
La dîme désigne traditionnellement le dixième des récoltes agricoles versé au clergé en signe de reconnaissance religieuse. Ce concept, ancré dans les textes bibliques comme dans les pratiques féodales, a été analysé à travers des perspectives variées. Les Écritures insistent sur son rôle de « prémices » offertes à Dieu, tandis que Jules Élie la présente comme un honoraire ecclésiastique.
Joseph Roman souligne ses variations historiques, de la dixième à la vingtième partie, et X. Marmier en fait un devoir sacré dont l'infraction entraînerait des fléaux divins. Jacques Bonhomme, en revanche, critique son caractère coûteux. Ces approches révèlent une institution à la fois spirituelle et sociale, liée aux structures de la féodalité et des redevances.
Citations sur “dîme”
“ Les dîmes. — Dîme annuelle à offrir au sanctuaire (xiv, 22, 23) ; cas où la distance est trop grande pour y transporter la dîme (xiv, 24-27) . La dîme triennale (xiv, 28, 29) . 22 Tu lèveras la dîme [29] de tout le produit de tes semailles, de ce que ton champ rapportera chaque année. 23 Et tu mangeras devant Yahweh, ton Dieu, dans le lieu qu’il aura choisi pour y faire habiter son nom, la dîme de ton blé, de ton vin nouveau et de ton huile, ainsi que les premiers-nés de tes bœufs et de tes brebis, afin que tu apprennes à craindre Yahweh, ton Dieu, à jamais. ”
X. Marmier, De l’état de la littérature et de l’instruction en Danemark avant le xvie siècle
“ Acquitte fidèlement la dîme que tu dois au prêtre et à l’église. Si tu manques à ce devoir, la sentence de Dieu te condamne et sa colère s’abaissera sur toi. Tu verras mourir tes porcs, tes bœufs, tes brebis. Le sol que tu laboures sera frappé de stérilité, et de ton travail il ne naîtra que des chardons et des épines. Si tu n’acquittes pas fidèlement la dîme, tous les fléaux tomberont sur toi ; tes amis t’abandonneront, tes enfans prendront le chemin du vice, ton fils sera pendu, toutes les joies de ce monde te fuiront, et tu descendras en enfer. ”
Jules Élie, Histoire de la paroisse de Saint-Contest depuis le XIIIe siècle jusqu'à nos jours (1901)
“ Les dîmes dont il est parlé dans cet état s'appelaient les menues dîmes, les grosses dîmes de la paroisse de Saint-Contest appartenaient, comme nous l'avons vu, à l'abbé et aux religieux de l'abbaye d'Ardennes, c'était le gros décimateur. La dîme n'était pas autre chose que la dixième partie des fruits de la terre qui appartenait comme honoraire à celui qui était pourvu d'un bénéfice ecclésiastique. La dîme est naturellement fondée sur le sentiment de foi qui pousse l'homme à témoigner sa reconnaissance envers le Seigneur qui a béni son travail, et à l'offrir à l'église et à ses ministres. ”
Joseph Roman, De la liberté pendant le Moyen âge… (1893)
“ Les dîmes, dont l'octroi à l'Eglise datait de l'époque romaine, ne s'élevaient presque jamais exactement à la dixième partie des récoltes, mais, par suite de transactions, au dix-huitième, au vingtième et même à une proportion plus faible. Plus on avance dans le Moyen Age, plus la dîme tend à la fois à se généraliser, à se régulariser et sa quotité à s'abaisser. ”
“ Lorsque vous aurez reçu des enfants d’Israël les dîmes que je vous ai données, offrez-en les prémices au Seigneur, c’est-à-dire, la dixième partie de la dîme ; 27 afin que cela vous tienne lieu de l’oblation des prémices, tant des grains de la terre que du vin ; 28 et offrez au Seigneur les prémices de toutes les dîmes que vous aurez reçues, et donnez-les au grand prêtre Aaron. 29 Tout ce que vous offrirez des dîmes, et que vous mettrez à part pour être offert en don au Seigneur, sera toujours le meilleur et le plus excellent. ”
Congrès national des sociétés savantes, Actes du quatre-vingt-quatrième congrès des Sociétés savantes… (1960)
“ Mais fréquemment le curé n'avait rien, et la dîme appartenait en totalité au seigneur, ou à d'autres ecclésiastiques : ainsi, à Beurrey-Bauguet, la dîme appartenait au seigneur du lieu, de même à Arconcey; à Blangey, à la dame de Blangey, comtesse de Bouligneux; à Blancey, au prieur de Saint-Symphorien d'Autun, qui était le collateur de la cure. Comment se levait la dîme dans la région? Elle se levait sur les grains, « sur toutes sortes de grains », dit même le texte fréquemment, « fors le chanvre et la navette ». ”
Maurice Barrès,
La Colline inspirée
“ Les plus zélées de ces familles gardent une vague tradition de la dîme : les premiers fruits du jardin sont portés au presbytère, et chaque génération donne un de ses fils à l’Église. Vienne des temps difficiles, ces amis de la cure s’élèvent le plus simplement du monde aux vertus du sacrifice. ”
Réflexions d'un vieux laboureur… (1881)
“ Parlons donc de la dîme proprement dite, c'est-à-dire de la dîme payée au clergé séculier depuis l'an 801 jusqu'au 4 août 1789. Une petite étude que j'ai faite dimanche soir, au moment où trois jobards hurlaient la Marseillaise dans la rue, me permet aujourd'hui d'affirmer que ceux qui ragent contre cette institution n'en ont jamais connu ni la nature, ni le but, ni les conséquences. — La nature de la dîme ecclésiastique. Ne s'imagine-t-on pas que la dîme représentait chez nous la dixième partie de tous les revenus, quelle qu'en fût la source ? ”
Jacques Bonhomme,
Lettres de Jacques Bonhomme sur les choses du jour…
(1877)
“ Les curés sont déjà assez riches ; s'ils veulent rétablir la dime, on les chassera plutôt. Moi. — Décidément, cousin, tu crois ce que lu me dis là ? tu crois que les curés voudraient rétablir la dîme ? Qu'est-ce donc que la dîme ? — 17 — Lui. — Mais, la dîme, c'est le dixième de tous nos biens que les curés veulent prendre. Si je gagne dix sous, il leur en faut un ; si tu as dix pommes, il leur en faut une : à eux seuls, il leur faut le dixième de la France. Ils ont la bouche grande. ”
Alfred Gautier, Précis de l'histoire du droit français… (1887)
“ La dîme était une portion du revenu brut des champs perçue au profit du clergé, et les capitulaires l'avaient, comme nous l'avons dit plus haut, rendue obligatoire. Le clergé eut parfois intérêt à céder son droit à la dîme à un seigneur qui lui rendait la foi et l'hommage, mais qui s'engageait en retour à défendre (4) Galand, Du franc-alleu, p. 233. — Loysel, op. ”
Alexandre Baudouin, Dictionnaire des gens du monde… (1818)
“ DIME. Impôt levé autrefois par la superstition sur les hommes laborieux, pour engraisser des gens inutiles. DINER. Moyen d'élection, de gloire , de fortune et de dignités. — La religion qu'on suit le mieux est la religion des dîners. ”
Seine-Maritime, Cahiers de doléances du bailliage d'Arques… (1922)
“ Députés : P. Dupré, Guil. Biard, Hippolyte Asse. (1) La verte dîme est la dîme des fruits, surtout des pommes et des poirés: on y comprend aussi celle du lin et du chanvre, même celle du sainfoin et du trèfle. Les curés du pays de Caux prélevaient la verte dîme qui constituait une notable partie de leurs revenus. Sur les dîmes insolites, consulter Houard, Dictionnaire, 1,498. art. Dîmes. Les vertes dîmes rentraient toutes dans la catégorie des dîmes insolites. — Le curé de Saint-Laurent avait presbytère, cour, jardin (60 1.) , sept acres de terre (100 1.) et les dîmes : 7001. ”
Louis-Antoine-Marie Chaludet, Ytrac dans le passé, notes et documents (1913)
“ Telle était l'organisation de la dîme, dont les déclamations envenimées des ennemis de la Religion ont fait un épouvantail qui trouve toujours les masses populaires si inflammables. Les dîmes du prieuré atteignaient les blés, les agneaux, la laine, le charnage, les chevreaux, les fromages, les petits porcs et les petits animaux ; bladorum, agnormn, lanarum, carnalagiorum (1) , edorum, cazeorum, porcellorum, pullorum (2) . Elles reposaient sur les villages de Donne, Caraizac, Le Bourlès, Espinat, Cambian, Lacarrière, Le Bex et Vialles (3) . Le prieur les faisait prélever par ses fermiers. ”
Jacques Potier, Coutumes générales et locales du païs et duché de Bourbonnois… (1780)
“ Il y a des lieux où la dîme de suite est établie, qui consiste en ce que le seigneur décimateur du laboureur, qui demeure dans l'étendue de sa dîmerie, suit ce laboureur lorsqu'il va cultiver des terres hors sa dîmerie, en lieu sujet à la dîme, & qu'il prend la moitié de la dîme des fruits que son laboureur cultive hors la dîmerie ”
La Sainte Bible selon la Vulgate… (1866)
“ Tout ce qui aura été consacré une fois au Seigneur sera à lui comme une chose sainte. 29. Toute victime offerte par un homme et consacrée au Seigneur, ne se rachètera point, mais sera mise à mort. 30. Toutes les dîmes de la terre, soit des grains, soit des fruits des arbres, appartiennent au Seigneur et lui sont consacrées. 31. Mais si quelqu'un veut racheter ses dîmes, il donnera un cinquième en plus du prix d'estimation. 32. La dîme des boeufs, des brebis, des chèvres, et de tout ce qui passe sous la verge du pasteur, sera offerte au Seigneur. ”
Jacques Potier, Coutumes générales et locales du païs et duché de Bourbonnois… (1780)
“ Bien plus, un curé qui a prescrit le droit de lever la dîme dans l'étendue d'une autre paroisse, ne peut étendre sa possession aux novales, quand même la novale seroit dans l'enceinte du lieu où il a coutume de prendre la dîme ”
Seine-Maritime, Cahiers de doléances du bailliage d'Arques… (1922)
“ Les dîmes inféodées sont les dîmes qui appartiennent aux seigneurs laïcs ; il y en avait un exemple dans ce même bailliage, à Berneval et à SaintMartin-en-Campagne, où le prince de Monaco percevait la dîme. A Saint-Denisd'Aequelon, c'était le curé qui avait la dîme. Son bénéfice comprenait presbytère, cour, jardin (80 1.) ”
Dictionnaire de théologie catholique
“ Elle fait l’objet d’un commandement de l’Église : « Droits et dime tu paieras à l’Église fldèlement. » La dîme se prélève sur les grains seulement : blé, avoine, orge ou sarrasin, et en dépit de son nom elle n’est que d’un vingt-sixième. ”
Benjamin Sulte,
Histoire des Canadiens-français…
“ Les dîmes, outre les oblations et les droits de l’Église, appartiendront entièrement à chacun des curés dans l’étendue de la paroisse où il est et où il sera établi perpétuel, au lieu du prêtre amovible qui la desservait auparavant. ii. Les dîmes seront levées suivant les règlements du quatrième septembre mil six cent soixante-sept. iii. ”
Ernest Menault, Histoire agricole du Berry, monographie agricole du Cher… (1890)
“ Les menues dîmes étaient habituellement adjugées aux curés. Toutefois, quand des sonnes laïques possédaient lesdites menues dîmes à titre de fief de temps immémorial, elles 1 emportaient sur les curés et étaient maintenues en leur possession quand, dans les av"'Y-, il était fait mention de menues dîmes ou de celles de lainage, charnage, chanvre. hn. POIS et fèves. ”
Antoine Jay,
Éloge de Montaigne, discours qui a obtenu l'accessit au jugement de la classe de la langue et de la littérature française de l'Institut…
(1812)
“ Que tous les princes et seigneurs vous accompagnassent, et non comme je vous vois aller, que n'avez que vos archers. Et au sortir de la messe dîner s'il est tard; ou sinon, vous promener pour votre santé, et ne passez onze heures que ne dîniez ; et après 'dîner, pour le moins deux fois la semaine , donner audience, qui est une chose qui contente infiniment vos sujets, et après vous retirer ; et venir chez moi ou chez la reine, afin que l' on connoisse une façon de cour, qui est chose qui plaît infiniment aux François. ”
Jeanne Louise Henriette Campan,
Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette
(1822)
“ Je me suis permis de demander à la dame surveillante pourquoi elle nous rangeait si ridiculement en procession : elle m’a répondu par je ne sais quelle raison ; elle prétend que, sans cette précaution, les enfans se heurteraient dans les portes et pourraient se blesser. Après la prière, la cloche s’est encore fait entendre : c’était pour la messe. Toutes mes compagnes sont allées au même endroit prendre leurs livres, et nous voilà encore alignées. La messe dite, on a sonné le déjeuner ; mais quel déjeuner ! ”
Edmond About,
La Grèce contemporaine
“ Vous faites dérouler votre matelas, vous croisez les jambes comme un turc, ou vous les étendez comme un romain, et vous vous armez de patience, tandis que votre domestique, avec des provisions, apprête votre dîner. ”
Marie Alexandre Dumas, Au lit de mort (1867)
“ Non, je plaisante; nous nous adorons, au contraire. Nous sommes cités, dans tout Chàteauroux, comme la fleur des ménages. Elle quête, elle donne le pain bénit une fois par an aux Cordeliers, elle entend tous les sermons à la mode , et tous les dimanches elle est en tenue pour la messe des bourgeoises, qui se dit à huit heures du matin ; tu la verras à dîner. ”
Alphonse de Lamartine,
Souvenirs et portraits. Tome 1
(1871-1872)
“ Il se levait avant le jour; il commençait par la prière et par la lecture des psaumes le cours nouveau du temps. Souvent il allait à la messe à l'heure où les servantes pieuses y vont avant que les maîtres soient levés; il écrivait ensuite jusqu'au dîner. On dînait alors au milieu du jour. Après le dîner, seul ou en compagnie de l'un ou l'autre d'entre nous, il prenait en main sa canne à pommeau d'or cueillie parmi les joncs dans quelque marais du Caucase, et il faisait de longues promenades sur les collines ou dans la vallée de ses pères. ”
Friedrich Nietzsche,
Ainsi parlait Zarathoustra
“ Alors j’aimais ces filles d’Orient et d’autres royaumes des cieux azurés, sur qui ne planaient ni nuages ni pensées. Vous ne vous doutez pas combien elles étaient charmantes, lorsqu’elles ne dansaient pas, assises avec des arts profonds, mais sans pensées, comme de petits secrets, comme des énigmes enrubannées, comme des noix d’après dîner — — diaprées et étranges, en vérité ! mais sans nuages : telles des énigmes qui se laissent deviner : c’est en l’honneur des ces petites filles qu’alors j’ai inventé mon psaume d’après dîner. ”
Eugène Ducom,
Les Trenqualies
(1865)
“ Quand nous avons refait la carte d'Europe et défait cinq ou six réputations, l'Angelus de midi sonne. Chacun s'en va avec recueillement accomplir l'action la plus solennelle de la journée, c'est-à-dire dîner. ”
Alexandre Dumas,
Les Mille et Un Fantômes
“ Le dîner s’écoula comme s’écoule un dîner, à louer la cuisinière, à vanter le vin. — La jeune femme seule ne mangea que quelques miettes de pain, ne but qu’un verre d’eau, et ne prononça pas une seule parole. ”
Francis Jammes,
De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir
“ L’après-midi d’un dimanche je voudrais bien, quand il fait chaud et qu’il y a de gros raisins, dîner chez une vieille fille en une grande maison de campagne chaude, fraîche, où l’on tend du linge, du linge propre, à des cordes, des liens. ”
Émile Louis Bruno Bruneau de Laborie, Du Cameroun au Caire par le désert de Libye
“ Nous continuons toujours, maintenant, de marcher très avant dans la nuit. Puis je prends en silence mon dîner froid, abondamment mêlé de sable, j’étends vite sur le sol ma natte et mes couvertures pendant que Doma dispose mes cantines de manière à me protéger un peu du vent, et je me hâte de profiter d’un repos qui n’est jamais bien long. ”
Maurice de Guérin,
Journal, Lettres et Poèmes
(1862)
“ Le dîner du collége me tient lieu de déjeuner, et je m'en vais dîner, sur le soir, à 24 sous, comme un débutant. Telle est ma vie depuis trois semaines : révolution subite dans mon existence, transformation soudaine de la nonchalance des rêves à l'essoufflement de l'action. ”
Germain Nouveau,
Valentines et autres vers
“ Eh ! bien ! ce mot d’après dîner, Si j’ai composé mon grimoire, C’est de sa faute, et c’est histoire, Madame, de vous taquiner. Et je vous le jette... à la tête ? Ah ! fi ! Sur les bras ?... oh ! que non ? ”
“ À une heure, je revins au collège. Chacun avait reçu son dîner de la maison paternelle ; la plupart de ces dîners, il faut le dire à la louange des parents, se composaient d’un simple morceau de pain sec. Les plaintes et les gémissements avaient cessé ; mais les menaces avaient grossi, le nuage était sombre et plein d’éclairs. Je ne pouvais pas lever le nez du papier sur lequel je déclinais rosa, la rose, que je ne visse un poing qui n’avait rien de commun avec la déclinaison que j’exécutais. ”
Évariste de Parny,
La Guerre des dieux, poème en dix chants
(1790)
“ Jusques au soir : c’est un ennui mortel. Par le sommeil nous laissons-nous surprendre, On nous secoue, on nous force d’entendre Des oraisons le refrain éternel. Le dîné vient ; de plats on nous entoure, Et de bonbons sans pitié l’on nous bourre. ”
Honoré de Balzac,
Œuvres complètes de H. de Balzac…
“ De notre lever à notre déjeuner, l’intervalle est rempli par ma toilette, par les soins du ménage, je puis encore supporter cette portion de la journée ; mais du déjeuner au dîner, c’est une lande à labourer, un désert à traverser. L’inoccupation de mon mari ne me laisse pas un instant de repos, il m’assomme de son inutilité, son inoccupation me brise. ”
Gustave Flaubert,
Correspondance de Gustave Flaubert
“ Quelle tête ! et quel chapeau ! quelle bouche ! Mais comme le dîner avait été bon ! C’est le seul moment agréable que j’aie passé depuis six semaines. Vous voir de près, vous entendre, et vous regarder tout à mon aise m’a fait un bien exquis. ”
Plaute,
Comédies de Plaute, traduction de E. Sommer
“ DÉMIPHON. Elle n’a pas une tournure qui aille à notre maison. Il ne nous faut qu’une servante qui sache tisser, moudre, fendre le bois, filer la laine, balayer les chambres, recevoir les coups, et qui fasse cuire tous les jours le dîner de la famille. ”
Charles Guyon, Histoire d'un annexé : souvenirs de 1870-1871
“ Le temps est propice : les nuits sont très noires, il pleut continuellement. Ce soir, après le dîner, nous nous cacherons derrière les baraquements et de là nous nous sauverons, sans bruit, dans les champs. ”
Albéric Second,
Contes sans prétention...
(1857)
“ Nous avons dîné en tête-à-tête, un grand dîner farci de solennité, truffé d'étiquette et servi par deux laquais vêtus de noir qu'on eût dit empruntés à l'administration des pompes funèbres. Après le dîner, les intimes de la marquise sont venus lui faire leur cour. J'ai compté dix personnes qui, en se cotisant, dépasseraient l'âge de Mathusalem. J'ai été déshabillée, analysée, commentée par des yeux qui ne petillaient point de bienveillance. On a organisé une table de whist et une table de reversi. Alors, moi, j'ai étudié les arabesques du plafond et j'ai étouffé mes bâillements. ”
