Jeanne Louise Henriette Campan

Jeanne Louise Henriette Campan

Résumé

Portrait de Jeanne Louise Henriette Campan Jeanne Louise Henriette Campan Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette (1822)

En France, depuis le berceau jusqu’à la tombe, malades ou bien portans, à table, au conseil, à la chasse, à l’armée, au milieu de leur cour, ou dans leur intérieur, les princes étaient soumis au cérémonial. Ses lois indiscrètes les suivaient jusque dans les mystères du lit nuptial. Qu’on juge ce qu’une princesse, élevée dans la simplicité des cours d’Allemagne, jeune, vive, aimante et franche, devait éprouver d’impatience contre des usages tyranniques qui, ne lui permettant pas un seul instant d’être épouse, mère, amie, la réduisaient au glorieux ennui d’être toujours reine !
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Portrait de Jeanne Louise Henriette Campan Jeanne Louise Henriette Campan Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette (1822)

La scène imposante qui venait de se passer sous leurs yeux, les idées multipliées qu’offrait à leur imagination celle qui s’ouvrait pour eux, les avaient naturellement portés vers la douleur et la réflexion : mais, du propre aveu de la reine, cette disposition, peu faite pour leur âge, cessa en entier vers la moitié de la route : un mot plaisamment estropié par madame la comtesse d’Artois, fit éclater un rire général, et de ce moment les larmes furent essuyées. La circulation entre Choisy et Paris était immense : jamais on ne vit plus de mouvement dans une cour.
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Portrait de Jeanne Louise Henriette Campan Jeanne Louise Henriette Campan Mémoires sur la vie privée de Marie-Antoinette (1822)

Sire, m’écriai-je, Votre Majesté peut-elle donc croire si fermement qu’elle doit être assassinée ? — Oui, j’en suis sûr, je m’y attends depuis long-temps, et j’ai pris mon parti. Est-ce que vous croyez que je crains la mort ? — Non, certainement ; mais je voudrais Votre Majesté moins décidée à l’attendre, et plus disposée à adopter des mesures vigoureuses, qui sont aujourd’hui les seules dont le roi puisse attendre son salut. — Je le crois bien ; mais il y aurait encore beaucoup de chances contre, et je ne suis pas heureux. Je ne serais pas embarrassé, si je n’avais pas ma famille avec moi.
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