Alphonse de Lamartine,
Souvenirs et portraits. Tome 1
(1871-1872)
“ On lui avait appris à sentir et à parler en vers; elle avait l'image dans les yeux, l'harmonie dans l'oreille, la passion en pressentiment dans le cœur, l'éclat dans l'esprit; ses strophes peignaient, chantaient, pleuraient, brillaient comme les gazouillements poétiques de l'oiseau qui s'essaye au bord du nid à demi-voix, et dont on écoute en avril les notes futures. On lui enseignait à réciter ces vers aux amis lettrés de la maison avec cette voix, ce regard, ce geste qui transforment la poésie en magie sur les lèvres d'une belle jeune fille, et qui confondent l'admiration avec l'amour.. ”
