“ L’action est pleine de merveilleux : de saints rishis vont visiter les dieux, des oiseaux aux ailes d’or parlent, le roi des serpents Karkotaka, demi-dieu, homme et serpent à la foi, se fait petit comme le pouce ; Nala est métamorphosé. La scène, c’est la cour et le palais des rois ; puis, c’est la forêt tropicale dans toute sa splendeur et dans toute son horreur, avec ses arbres fleuris, ses fleuves, ses lacs, ses cascades, ses montagnes, et aussi ses tigres, ses éléphants, ses serpents monstrueux, L’Histoire de Nala est un des épisodes les plus célèbres du Mahâbhârata. ”
Nala
Définition et enjeux
Citations sur “Nala”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ Je consens, ô roi, à te recevoir en messager d’amour, mais sois ton propre messager. Je n’ai point oublié ce que m’a dit le cygne. C’est pour toi seul que se tient l’assemblée nuptiale. Sois moi fidèle comme je te suis fidèle. Donne-moi ton amour, comme je te donne le mien. — Ah, répondit Nala, tout ému, pour ton époux, peux-tu, devant les dieux, choisir un homme ? — Si tu m’abandonnes, ô Nala, mourrai-je par le poison ou par le feu, par la corde ou par l’eau ? Je ne sais ; je mourrai. — N’irrite pas les maîtres du monde, ô princesse. ”
“ L’Histoire de Nala est une belle et simple histoire d’amour, que pendant de longs siècles et encore aujourd’hui les habitants des bords du Gange et de l’Indus ne se sont point lassés d’écouter et de répéter ; et l’héroïne Damayantî, exemple de fidélité conjugale, est aussi célèbre dans l’Inde que Pénélope dans l’antiquité classique. Nala est un prince doué de toutes les vertus et de toutes les qualités, qui aime, sans l’avoir jamais vue, une princesse d’une beauté incomparable, Damayantî. ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ Je ne suis pas une déesse ; je ne suis qu’une femme, et le malheur est tombé sur moi. Un roi, pourtant, est mon père, un roi est mon mari. Ne l’avez-vous pas vu, ô marchands, le roi mon mari ? C’est lui que je cherche, c’est de son sort que je suis inquiète. Il régnait au pays des Nishadhas ; nul ne saurait le vaincre ; il s’appelle Nala. Ne l’avez-vous pas vu, ô marchands, le roi Nala, le roi mon mari ? ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ Seul, lacéré par la faim, brûlé par la soif, brisé par la fatigue, que vas-tu devenir ? Tu n’auras avec toi personne qui te console dans ta misère ! » Elle courut çà et là dans la forêt. Nala ne se montrait point, et, pleine d’angoisse et de douleur, Damayanti pensait : « Il n’y a pas de sort plus triste que le nôtre ! Que notre vie est misérable. » Tout d’un coup, d’un fourré, s’élança un terrible serpent, très grand, très fort, qui, rapidement, l’entoura de ses anneaux. Elle gémit de ne pas voir Nala bondir et la délivrer. « Il faut qu’il soit bien loin, » pensa-t-elle. ”
Alphonse de Lamartine,
Souvenirs et portraits. Tome 1
“ Il est un prince nommé Nala, semblable aux dieux jumeaux qui habitent le ciel; c'est le dieu de l'amour lui-même, revêtu d'une forme terrestre. (p. 292) Si tu devenais l'épouse de ce héros, ô charmante fille de roi, l'enfant qui naîtrait de cette union éclaterait de perfections surhumaines. Ô vierge à la taille svelte et élancée, nous avons vu des dieux, des demi-dieux, des hommes, des géants, des génies; mais nous n'avions rien vu de semblable à celui qui t'aime! Tu es la perle des femmes, et Nala est le diadème des hommes!«Ô cygne, adresse à Nala les mêmes paroles!» ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ Épargnez-moi ! — Nala, nous avons ta promesse. Tu n’accorderais pas tes actes et tes paroles ! Tu nous as dit : Je vous obéirai. Obéis-nous ! » Sur Indra, sur Agni, Nala fixait des yeux pleins de larmes. Il dit encore : « La demeure de Bhima est bien gardée. Comment y pénétrerai-je ? — Sois sans inquiétude, répondit Indra. Toutes les portes s’ouvriront devant toi. Obéis-nous. » Et le triste Nala, d’une voix presque morte, soupira : « Je vous obéirai. » VIII Nala reprit sa route ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ Nala, tu es le meilleur des hommes, et tu montres aux dieux une constante fidélité. Sache que celui qui te parle est Agni ; à mes côtés, tu admires Indra, le maître du ciel ; tous, nous sommes des dieux. ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ « Sudeva, lui dit-elle, je connais ta sagesse et ton habileté. C’est toi qui as su me retrouver dans la ville des Chedis. Aie pitié de moi, brahmane. Tant que Nala ne sera pas ici, je ne serai pan heureuse. Une fois encore, mets-toi en route ; va dans tous les royaumes, et partout appelle Nala, le beau roi, Nala, le grand roi, Nala, le roi bien-aimé. — Reine, répondit Sudeva, je t’obéirai. Je me mettrai en route, je verrai tous les royaumes, et, s’il est parmi les vivants, j’amènerai Nala au pays des Vidarbhas. » ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1911)
“ Nala s'était levé en sursaut, comme au sortir d'un rêve effroyable. — Perdu ! s'écria-t-il, perdu ! J'ai tout joué : ma couronne, mon honneur, mon peuple ! — Il te reste encore un bien, répondit Pushkara en riant : Damajanti, ta femme ; joue-la, si tu veux, j'y consens. Un silence de mort succéda à ces paroles ; le tonnerre continuait à gronder dans le lointain. Tout à coup, jetant un regard de désespoir sur son frère, Nala s'élance au dehors dans les ténèbres ; une ombre le suivit dans la nuit; partout où il allait, dans chaque sentier, jusqu'au matin. ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ C’est de toi-même que tu as peur, pauvre Nala. Ce manteau a le pouvoir de changer ta figure. Tant que tu le porteras, tu seras de la dernière laideur. Nul ne pourra te reconnaître. Prends le nom de Vahuka, rends-toi dans l’illustre ville d’Ayodhya, et là, entre au service du roi Rituparna. Tu seras employé dans les écuries. Si humbles soient-ils, fais, sans te plaindre, tous les travaux où l’on te contraindra. Tu te sauras pardonné le jour où tes yeux reverront la pure Damayanti. ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ Jamais il n’avait vu Damayanti, et il l’aimait plus que tout au monde. Il s’était mis en route, et il allait, l’âme légère, vers le pays des Vidarbhas. Les dieux l’aperçurent. Agni le reconnut. « Regardez, dit-il à ses divins compagnons. Voici le roi Nala qui court au pays de Bhima. Nul ne l’égale parmi les hommes, et qui sait si la princesse ne le préférerait pas aux dieux mêmes ? Mais il est pieux ; ne lui cachons pas notre dessein, et faisons qu’il le serve. — Agis à ta guise, » dit Indra. Les dieux arrêtèrent leurs chars, et le brillant Agni s’adressa au sage Nala. ”
Louis Énault,
L'Inde pittoresque, par Louis Enault…
(1861)
“ Nala ne répond rien : il a du moins le courage de résister à cette dernière tentation; il se dépouille de tous ses ornements, et ne gardant qu'un seul vêtement, il prend le chemin des forêts profondes. ”
Alphonse de Lamartine,
Souvenirs et portraits. Tome 1
“ Leurs contours sont sévèrement dessinés; ils ne paraissent pas respirer; nulle chaleur, aucun souffle ne trahit chez eux l'existence vulgaire; aucune sueur ne couvre leurs fronts majestueux, élevés au-dessus du sol, et à l'abri de la poussière terrestre. Nala, au contraire, est déchu de sa grandeur; ses traits sont flétris, ses vêtements magnifiques tombent en lambeaux; la sueur découle de son front, il est couvert de poussière. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1911)
“ Nala considérait avec stupéfaction la flamme, rutilante, sifflante, dressée devant lui comme un mur ardent. Pourtant il répondit sans crainte : — Qui es-tu ? où es-tu ? que veux-tu ? — Je t'appelle du sein des flammes, répondit la voix ; as-tu assez de courage pour y pénétrer et venir jusqu'à moi ? Accours, traverse ce foyer de feu ; ou bien as-tu peur ? — Je ne crains rien, et je n'ai plus à redouter la mort, maintenant que tout est perdu pour moi, s'écria Nala ; et, sans hésiter, il s'élança dans la mer de feu. ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ « Ô fille de Bhima, le pouvoir ascétique nous découvre l’avenir. Tu retrouveras le bonheur ; tu reverras bientôt ton roi, ton Nala. Tu le reverras libre de ses péchés. Tu le reverras dans sa gloire. Longtemps, il régnera pour la joie des peuples ; il châtiera les méchants, il récompensera les bons, et tous les deux, Nala, Damayanti, vous serez bénis par les dieux. » Les ascètes disparurent, la lumière s’éteignit, et Damayanti se demandait si elle n’avait pas fait un rêve. XXIV Elle marcha encore, et, au bout de quelques jours, elle arriva à une large route, qui longeait une fraîche rivière. ”
“ Des cygnes merveilleux annoncent à Damayantî l’amour de Nala, et la belle princesse leur répond qu’elle l’aime. Les plus puissants des dieux se présentent pour obtenir sa main. Mais elle leur préfère Nala, et sait pourtant se concilier leur faveur et leur protection. Cependant le mauvais génie Kali, le démon du jeu, qui lui aussi désirait épouser la princesse, furieux du choix de Damayantî, jure de se venger. Possédé par Kali, le roi Nala perd au jeu de dés son royaume et tous ses biens. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1889)
“ L'inconnu baissa la tête, comme s'il eût cédé à un sentiment de peine, mais il répondit presque aussitôt d'une voix ferme : - Je suis venu à toi par la volonté des dieux, je me trouve devant toi par leur ordre ; je suis Nala, le prince de Nischada, et je t'apporte ce message : Indra, Agni, Vacuna et Yama, les immortels, m'envoient vers toi. Séduits par ta beauté, par tes vertus, ils veulent t'élever au rang de déesse ; tu choisiras un d'eux pour époux : voilà ce qu'ils m'ont ordonné de t apprendre ; j'ai dit ; à toi de décider. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1911)
“ Alors on entendit un battement d'ailes. Nala vit se presser devant la porte de la cabane un essaim de grands oiseaux aux ailes dorées, qui sortirent du lac, s'élevèrent lentement dans l'air et bientôt disparurent. — Ton voeu est accompli, dit le vieillard en posant la main sur l'épaule de Nala ; va, mon fils, né parle plus, ne me remercie point, le temps est accompli pour moi. Sois heureux ; ne te laisse dominer par aucune passion, afin que Kali, l'esprit du mal, ne trouve aucun abri dans ton coeur. Nala voulut exprimer sa reconnaissance, mais Navada ne l'écoutait plus. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1911)
“ Dans cette solitude, on n'entendait aucun bruit, pas même un chant d'oiseau, pas même le pas d'un fauve. Nala semblait bien connaître cet endroit paisible. Après un instant d'hésitation, il s'approcha rapidement de la cabane, ouvrit la porte, et entra. La pièce était si petite que le prince ne pouvait s'y tenir sans se courber. Quelques ustensiles de cuisine étaient accrochés au mur ; un lit de mousse était étendu sur le sol, et sur cette couche reposait un vieillard. Des cheveux blancs encadraient son front sillonné de rides ; sa barbe d'argent descendait jusqu'à sa ceinture. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1911)
“ Le soleil était descendu sous l'horizon ; la lune éclairait la forêt ; les fleurs de lotus relevaient leur tête parfumée ; de légers murmures,, de doux susurrements, parcouraient la solitude; une sensation, d'effroi qu'il n'avait jamais connue jusqu'alors s'empara du coeur tremblant de Nala ; il s'empressa de reprendre le sentier qu'il avait suivi. Le lendemain, quand il retourna à la même place, en plein jour, et visita la cabane, il n'y trouva plus Navada : le pieux vieillard avait disparu. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1911)
“ Il a les cheveux noirs, disait l'oiseau merveilleux ; ses yeux resplendissent comme la lumière des étoiles ; son front se dresse avec fierté devant tous les princes ; il est aimé de son peuple, et le monde entier est rempli de ses exploits. J'écoutai, hors d'haleine. Le nom de Nala m'était connu; je l'avais entendu prononcer souvent à la cour de mon père, et j'avais depuis longtemps le désir de le voir lui-même. L'oiseau, poursuivant son chant, toujours également doux, disait : — Il est écrit dans le livre des dieux, Damajanti, que tu seras sa compagne ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ Les gardes avaient pensé : « C’est un fou ! » Ils avaient jugé bon, cependant, de rapporter le fait à Bhima, ainsi qu’à Nala et à Damayanti. Bhima n’avait eu qu’un sourire dédaigneux : il partageait l’opinion des gardes. Nala et Damayanti n’avaient rien entendu. Le moment vint pour eux de gagner le pays des Nishadhas. On leur prodigua les présents ; on leur fit tous les bons souhaits. Ils partirent dans un cortège magnifique. À la suite du cortège, marchait furtivement un être d’assez mauvaise mine, qui ricanait. XII Le roi Nala et la reine Damayanti arrivèrent au pays des Nishadhas. ”
André-Ferdinand Herold,
Nala et Damayanti
“ La route que voici est celle qu’on prend pour aller au pays des Vidarbhas. Suis-la, Damayanti, et sois heureuse ! — Non, reprit-elle. Ne me vois-tu pas trembler, à la seule pensée que des méchants puissent nous séparer ? Je t’abandonnerais sur ce chemin de misère et de douleur ! C’est moi qui te consolerai aux heures de fatigue. Les sages aiment à répéter que, pour celui qui est dans la détresse, une femme est le meilleur des médecins : je n’ai rien de plus à te dire, mon Nala. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1911)
“ Elle prêta l'oreille. 64 CONTES D'ORIENT — Ce sont ses chevaux, ceux qu'il conduisait jadis lui-même ! Les entends-tu hennir ? Ils reconnaissent la main qui les guide. Ah ! tout est oublié, mon chagrin, ma souffrance ! Tout est oublié. Voici Nala, Nala, mon roi, mon époux. Elle monta sur la terrasse du palais. Dans la cour, le char s'était arrêté. Bhima salua avec bonté l'un des voyageurs : c'était le roi Situperu ; derrière lui se tenait Varsnéja, que, malgré son grand âge, on pouvait encore reconnaître ; l'autre, le troisième, le cocher, était là aussi ; mais ce n'était pas Nala. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1889)
“ Afin qu'elle ne choisisse que toi pour époux, je veux lui envoyer un message. * Le vieillard souleva pour la seconde fois son bâton et d'une voix forte s'écria : Oiseaux d'or, mes serviteurs, envolez-vous au pays de Vidarba et cherchez-y la noble jeune fille que l'on nomme Damajanti, la fille bienaimée du roi Bhima. Parlez-lui avec louange du roi Nala, dites-lui qu'elle ne peut choisir que lui , et que Damajanti, la belle , doit Aux regards ébahis de Nala s'offrit un spectacle merveilleux (p. 27) . être la compagne de Nala, le héros, ainsi qu'il est écrit dans le livre du monde. ”
Charles Simond, Les contes d'Orient et d'Occident… (1889)
“ Elle est seule, dans la forêt silencieuse et solitaire, tourmentée par la faim et la soif. Le tigre et le serpent convoitent leur proie et s'apprêtent à la dévorer. Qu'ai-je entendu? quel est ce rire? Arrière, esprit des ténèbres! Pushkara est assis sur mon trône et Damajanti est près de périr. Ah ! que ne puis-je arracher de mon âme ce corps misérable et échapper à tous les regards, à mes propres yeux! Il reprit sa course dans le sentier brûlant, avançant toujours, jusqu'à ce qu'une colonne de feu lui barra le passage. Alors une voix lui cria : Où donc es-tu, roi Nala ? ”
François Laouënan, Du brahmanisme et de ses rapports avec le judaïsme et le christianisme… (1884)
“ Nala lui rendit donc sa liberté, et le cygne s'envolant avec ses compagnons, alla s'abattre dans le jardin du roi du Vidharba. Il y rencontra Damayanti et lui dit : « 0 Damayanti, tu es la plus aima« ble des jeunes filles, et Nala le plus accompli des héros; « si celui qui est sans égal épouse celle qui n'a pas d'égale, « que cette union sera heureuse! » — « Va, murmura douce« ment la jeune princesse, et répète les mêmes paroles à Nala. » L'oiseau retourna dans le pays des Nishadas, et il raconta à Nala tout ce qui s'était passé. ”
A. Brizeux, Revue des Deux Mondes
“ Je vous, aime Nola comme on aime une sœur. Je sais votre beauté, je sais votre douceur. La dame veut écrire à la riche fermière Qu’un jaloux va, de loin, troubler dans sa chaumière, Sans dire, le rusé, car ils sont tous ainsi, Que des regards bien vifs le provoquent ici. Mais, femme, je serai l’appui d’une autre femme. Oui, fermière, mettez votre espoir dans la dame... Plutôt, belle Nola, sans autre malin tour. Fiez-vous à Primel, croyez à son amour. Du noble journalier amie et confidente, Je sais comme en son cœur luit votre image ardente, Hélas ! ”
Émile Zola,
Nana
(1880)
“ Elle siffla comme un homme. La chiffonnière, qui se trouvait sous la fenêtre, leva la tête et se montra, à la lueur jaune de sa lanterne. C’était, dans ce paquet de haillons, sous un foulard en loques, une face bleuie, couturée, avec le trou édenté de la bouche et les meurtrissures enflammées des yeux. Et, Nana, devant cette vieillesse affreuse de fille noyée dans le vin, eut un brusque souvenir, vit passer au fond des ténèbres la vision de Chamont, cette Irma d’Anglars, cette ancienne roulure comblée d’ans et d’honneurs, montant le perron de son château au milieu d’un village prosterné. ”
