A. Brizeux

Élements biographiques

A. Brizeux,  Revue des Deux Mondes

“ Pour dire leur amant, Phébus, le dieu du jour,
Le dieu de la pensée, ardent et bon génie
Qui lance la lumière et répand l’harmonie.
Pâle, les bras tendus, le sublime vieillard,
Lui-même Homère écoute, et tous les fils de l’art,
Grecs, Latins et Toscans (ô Corneille, ô Racine,
Aujourd’hui vous brillez dans cette cour divine !)
S’excitent à monter vers la cime d’azur
Où tout ce qu’ils rêvaient est harmonique et pur.
Chanteurs, ici pourtant la Muse vous confie
À son austère sœur, à la Philosophie :
Âme éprise du vrai, cœur sans illusion,
Esprit toujours plongé dans la réflexion.
”
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A. Brizeux,  Revue des Deux Mondes

“ L’homme à peine était né, qu’il était tout en pleurs :
Dieu lui donna le chant pour calmer ses douleurs,
Et pour lui rappeler doucement, par son charme,
Le radieux séjours qui n’a point vu de larme.
Du ciel viennent les vers, qu’ils remontent au ciel !
Tel l’éclair ; et malheur au cœur matériel
Qui, tout à ses calculs, appelle une chimère
La douceur de Virgile et la grandeur d’Homère !
Mais, aux plus mauvais jours, l’Esprit garde à l’écart
Des serviteurs à Dieu, des fidèles à l’art :
La prière fervente où le chant les convie,
Et les plaisirs de l’âme ennoblissent leur vie.
”
Source : Wikisource

A. Brizeux,  Féeries

“ Ont soufflé dans ton cœur l’air frais de la montagne.
Lorsque tes grands yeux clairs brillent si doucement,
On pense à l’eau d’azur qui roule au lac Léman.
Il est près de la Clyde, il est sur la colline
Un bouleau, jeune aussi, que chaque brise incline.
Ton front prêt à rougir sitôt qu’on a parlé,
C’est la fleur rose au bord du fleuve Ellé.
J’ai vu, j’ai vu passer les nymphes et les fées,
Blanches filles de l’Ouest, brunes filles du Sud ;
Je compterais plutôt les vagues de Ker-Lud [1] ,
Ou les brises du soir dans Tibur étouffées.
”
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