William Reymond

Résumé

William Reymond Corneille, Shakespeare et Goethe… (1864)

L'esprit s'aiguise dans le combat; mais le talent a besoin de confiance. Il faut croire à l'admiration, à la gloire, à l'immortalité, pour éprouver l'inspiration du génie, et ce qui fait la différence des siècles entre eux, ce n'est pas la nature toujours prodigue des mêmes dons, mais l'opinion dominante à l'époque où l'on vit: si la tendance de cette opinion est vers l'enthousiasme, il s'élève de toutes parts de grands hommes ; si l'on proclame le découragement comme ailleurs on exciterait à de nobles efforts, il ne reste plus rien en littérature que des juges du temps passé.
Source : Gallica

William Reymond Corneille, Shakespeare et Goethe… (1864)

Goethe est peut-être le seul grand poëte que l'inspiration n'ait jamais pu ravir à son gré: il y a chez Goethe une force qui domine l'inspiration; nommez-la raison pure, égoïsme, sens commun, peu importe ; il n'en est pas moins vrai qu'elle existe. La fée immortelle a trouvé au dessus d'elle une loi humaine qui la modère et la dirige. Or, c'est ici que nous pouvons à juste titre réclamer la part que nous avons dans le génie de Goethe. Je ne prétends pas dire que la France ait autant contribué que l'Allemagne à former cet homme puissant, et que sans nous ce nom si splendide manquerait au monde
Source : Gallica

William Reymond Corneille, Shakespeare et Goethe… (1864)

C'était le sourire satanique
d'un génie infernal, quand il est parvenu à dégrader une génération toute entière, à déraciner un enthousiasme national, à tuer une vertu dans le monde; ces hommes avaient le même sentiment de triomphante impuissance dans le coeur et sur les lèvres, quand ils disaient: Amour, philosophie, religion, enthousiasme, liberté, poésie, néant que-tout cela! Calcul et force, chiffre et sabre, tout est là! Nous ne croyons que ce qui se prouve, nous ne sentons que ce qui se touche; la poésie est morte avec le spiritualisme dont elle était née
Source : Gallica

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