Résumé

Joseph Texte Revue des Deux Mondes

Il n’y a qu’un dogme de l’art, et c’est la vie universelle ; et la poésie n’a qu’un but, qui est de débrouiller l’écheveau des liens ténus qui unissent l’homme aux choses. Croyez-vous donc, ô Romney, que des doigts de femme ne s’y entendent pas ? Et, pour être femme, en a-t-on moins cette vertu suprême de l’artiste, la sympathie ?
Au fond, une seule chose est essentielle : c’est que le poète ait en lui le principe de vie. Comment rendrait-il la vie des choses, s’il ne vit lui-même, et, puisque tout, en définitive, est Esprit, s’il n’a la vie de l’esprit ?
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Joseph Texte Revue des Deux Mondes

Personne ne fut tenté d’en rire dans le petit clan romantique, et, s’il y eut un sceptique, ce ne fut ni le pythagoricien Coleridge, ni Wordsworth, ce chantre des coucous, des ânes, et des enfans idiots. La nature leur semblait à tous trop profondément divine.
Car c’est toujours l’idée religieuse qui est au fond de leur morale comme de leur esthétique. C’est de là que leur vient ce culte de la nature, qui n’est pas, — on le verra tout à l’heure, — une simple jouissance de poète et de lettré, mais un article de foi. Croire en la nature, c’est croire en le divin.
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Comme Musset, et avant lui, Hoffmann avait trouvé l’art dangereux de « verser, comme il le dit, quelques spiritueux sur la roue intérieure de l’imagination. » Comme Baudelaire, et avant lui, — mais aussi avant Gautier et Sainte-Beuve, — il avait cherché à noter en poésie les sensations rares et disparates, et le parfum de l’œillet rouge lui faisait entendre, disait-il, le son du cor. Personne enfin n’avait mieux réalisé l’idéal du poète purement sensitif, de celui qui passe sa vie dans une perpétuelle oscillation de l’ironie au mysticisme, du sarcasme au baquet de Mesmer.
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