Paul Stapfer

Paul Stapfer

Résumé

Portrait de Paul Stapfer Paul Stapfer Causeries guernesiaises (1869)

C'est quelque chose, c'est déjà beaucoup ; car le sentiment du rhythme, de la cadence, du nombre, de la musique enfin, commence l'affranchissement de l'âme : il lui ouvre les champs illimités de la rêverie, et la place sur le seuil de l'infini. Mais la beauté divine de la perfection n'est bien comprise de l'homme que dans l'âge de sa maturité. Ce qu'il faut à l'adolescent, c'est quelque chose de plus humain, de plus rapproché de lui, de plus semblable à son cœur, de plus agité, de plus tourmenté, de plus démesuré.
Source : Gallica

Portrait de Paul Stapfer Paul Stapfer Causeries guernesiaises (1869)

Mais, à tout prendre, les vers du nouveau Musset sont les plus beaux, les plus beaux par la perfection de la forme, les plus beaux par la profondeur du sentiment. N'allez pas y chercher le moindre souffle héroïque ; gardez- vous de respirer cette poésie à pleine poitrine, comme on respire celle de Milton ou de Corneille. Alfred de Musset n'habite pas les sommets. Il s'élève souvent et il nous élève avec lui jusqu'à cette hauteur où l'imagination s'écrie, où l'intelligence admire, rarement jusqu'à celle où l'âme se recueille et devient meilleure.
Source : Gallica

Portrait de Paul Stapfer Paul Stapfer Causeries guernesiaises (1868)

Aucun ne possède comme lui cet ensemble de qualités nationales, qui ne sont point, il est vrai, les plus poétiques ni par conséquent les plus admirables, et que la raison nous défend d'aimer le plus, mais pour lesquelles nous avons un faible secret plus fort que la raison et que les raisonnements.
Aucun poëte de nos jours ne possède comme Musset le bon goût, le tact et l'esprit, l'art d'être éloquent sans enfler la voix, grave sans rider son front et vieillir son visage, profond sans le dire à l'oreille du lecteur, philosophe sans avoir l'air de le savoir et sans en perdre un éclat de rire.
Source : Gallica

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