Résumé

Jules-Emile Alaux Études esthétiques : l'art dramatique… (1873)

L'art n'a point pour objet direct la vérité, mais la beauté ; et c'est parce qu'il n'y a point de beauté sans vérité ni sans moralité, que, la beauté étant considérée comme la forme d'une œuvre d'art, la vérité morale en est comme la matière. L'artiste, qu'il soit écrivain, musicien ou peintre, manifeste son âme, c'est-à-dire ce qu'il sent, ce qu'il aime, ce qu'il veut être ; il se communique au dehors, non tel qu'il est, mais tel qu'il serait s'il avait développé son être ; il réalise dans une image de soi l'idée intime de son être, l'essence de sa propre vie
Source : Gallica

Jules-Emile Alaux Études esthétiques : l'art dramatique… (1873)

La musique est un langage, ainsi que la peinture, ainsi que la poésie elle-même : il faut avoir quelque chose à dire en ce langage, mais quelque chose de divin, parce qu'il est divin: un sentiment supérieur, un idéal, une âme. Qui n'a point l'âme haute, peut avoir un immense talent : il n'a point le génie.
Le vers se sent toujours des bassesses du cœur, même sans qu'on ait le cœur bas; c'est assez
qu'on ne l'ait pas très-haut situé, pour qu'on manque de cette inspiration qui est le génie, pour qu'on ne puisse produire de soi-même une vive image où l'homme se reconnaisse Dieu.
Source : Gallica

Jules-Emile Alaux Études esthétiques : l'art dramatique… (1873)

Quant à la fusion de la tragédie et de la comédie en un seul drame qui serait le drame par excellence, je la comprendrais peut-être et je pourrais la discuter, si la tragédie et la comédie étaient deux contraires à unir, comme le veulent nos romantiques : mais dès qu'il n'y a entre elles qu'une différence du plus au moins, je cesse de la comprendre. Si le drame s'arrète à la comédie, il est comédie; s'il va plus avant, il est tragédie. L'une des deux n'est pas la peinture du laid, ni l'autre la peinture du beau; dans la tragédie comme dans la comédie, il y a du laid, parce qu'il y a du mal.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature