Pierre-Sébastien Laurentie

Pierre-Sébastien Laurentie

Résumé

Portrait de Pierre-Sébastien Laurentie Pierre-Sébastien Laurentie De l'étude et de l'enseignement des lettres… (1851)

Et même ce qu'on appelle le beau idéal dans les arts, naît évidemment de l'idée que le génie conçoit d'une perfection qui est au-dessus des sens. L'athéisme exclut donc cette idéalité de la poésie, il cloue les arts à la terre, il défend au génie de monter aux cieux ; il lui ferme les sources de l'enthousiasme. Qui dira tous les ravages qu'il porte dans l'esprit de l'homme? Il flétrit tout ce qu'il touche; il déshonore la nature et l'art. C'est ce qu'il faut toujours montrer aux jeunes poètes, afin qu'ils ne soient pas tentés de chercher des inspirations à la source où expire le talent.
Source : Gallica

Portrait de Pierre-Sébastien Laurentie Pierre-Sébastien Laurentie De l'étude et de l'enseignement des lettres… (1851)

Il y a dans l'éloquence écrite quelque chose qui va plus avant dans la pensée. Il suffit à la tribune d'ébranler l'âme à sa surface, et de troubler les sens par des éclats de voix qui ne permettent pas à l'esprit de se recueillir pour bien juger le fond du discours. Dans un livre, au contraire, il faut pénétrer l'âme toute entière; les sens ne peuvent pas être trompés ; la raison garde toute sa liberté ; de là un ton de gravité dans le langage : la domination ne peut s'établir que par une force véritable, et voilà justement le caractère de Bossuet ; il règne uniquement par la majesté du génie.
Source : Gallica

Portrait de Pierre-Sébastien Laurentie Pierre-Sébastien Laurentie De l'étude et de l'enseignement des lettres… (1851)

Il y a des hommes qui, en dépit de la dépravation, ont puisé dans l'étude des lettres humaines un certain goût de politesse qui va jusqu'à ressembler à de l'honnêteté. Mais quelle distance entre le talent qui puise en soi le sentiment du beau et celui pour qui le beau n'est qu'une convention! Il y a un travail pénible d'imitation dans le langage de l'homme vicieux qui cherche à conformer ses pensées aux lois de la morale, qui sont aussi les lois du goût. L'homme vertueux n'a qu'à laisser échapper les siennes, le goût les approuve, parce que la morale les inspire.
Source : Gallica

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