Résumé

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein De la Littérature, considérée dans ses rapports avec les institutions sociales… (1799)

L'amitié exerce dans leur sein sa plus douce puissance, la parfaite estime animée par le désir l'inexprimable sympathie des ames, la pensée rencontrans la pensée, la volonté prévenant la volonté par une confiance sans bornes. Que leur importe le monde et ses plaisirs et sa folie, chacun des deux n'embrasse-t-il pas, dans l'objet qu'il aime, tout ce que l'imagination peut se créer, tout ce qu'un coeur abandonné à l'espérance pourroit souhaiter ? Ne goûtent-ils pas un charme plus puissant encore que celui de la beauté, ou dans les sentimens, ou dans les traits animés par ces sentimens mêmes ?
Source : Gallica

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein De la Littérature, considérée dans ses rapports avec les institutions sociales… (1799)

Quand on peint un héros prêt a perdre l'existence, le souvenir de ce qu'il a fait, la grandeur de son caractère, captivent tout l'intérêt. Mais lorsqu'on représente des hommes d'une ame foible et d'une
destinée sans gloire, tels que Henri VI, Richard II, le roi Léar, condamnés à périr, le grand débat de la nature entre l'existence et le néant absorbe seul l'attention des spectateurs. Shakespear a su peindre avec génie ce mélange de mouvemens physiques et de réflexions morales qu'inspire l'approche de la mort, alors que des passions enivrantes n'enlèvent pas l'homme à lui-même.
Source : Gallica

Portrait de Germaine de Staël-Holstein Germaine de Staël-Holstein De la Littérature, considérée dans ses rapports avec les institutions sociales… (1799)

Ce qui frappe l'imagination, c'est la décision de la fortune, c'est le succès de la valeur. En gagnant des batailles, on peut soumettre les ennemis de la liberté ; mais pour faire adopter dans l'intérieur les principes de cette liberté même, il faut que l'esprit militaire s'efface ; il faut que la pensée, réunie à des qualités guerrières, au courage, à l'ardeur, à la décision, fasse naître dans l'ame des hommes quelque chose de spontané, de volontaire, qui s'éteint en eux lorsqu'ils ont vu pendant long-temps
le triomphe de la force.
Source : Gallica

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