Résumé

C. Martha Revue des Deux Mondes

S’il est un art qui semble en droit de ne représenter que la réalité sans rien y ajouter et de se contenter de formes et de couleurs, c’est assurément la peinture, puisque les couleurs et les formes sont le langage qui lui est propre. D’ailleurs l’imitation des choses est une habileté qui nous plaît, et tel objet que nous ne regardons pas dans la vie journalière nous amuse quand nous le voyons sur la toile. Néanmoins un tableau dont il ne se dégage pas une pensée, une impression morale quelconque, qui ne nous dit que ce qu’il nous montre, est une œuvre qui ne peut longtemps nous attacher.
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C. Martha Revue des Deux Mondes

Il est de divins sourires qui, depuis des siècles, errent sur des lèvres humaines, qui n’ont jamais été surpris au passage par un artiste et qui se sont évanouis ; mais soyez sûr qu’un jour quelqu’un les remarquera et les fixera sur la toile ou dans la poésie. Voilà pourquoi l’art est immortel et peut se renouveler sans cesse. Il a devant lui, sous ses yeux, tous les jours, bien des beautés jusqu’ici invisibles, bien des grâces plus ou moins fuyantes qu’il s’agit de poursuivre et d’atteindre. C’est la précision de l’art qui réserve aux siècles futurs ces surprises et ces délices.
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C. Martha Revue des Deux Mondes

Aussi n’avons-nous pas le dessein de considérer Perse comme le rival d’Horace et de Juvénal; nous ne voulons étudier en lui que l’adepte du stoïcisme, le jeune enthousiaste patricien, mort à vingt-huit ans, qui a consumé sa courte vie à mettre en vers et à frapper laborieusement de fortes maximes, et qui, depuis son enfance jusqu’à sa mort, n’a fait que célébrer les rigueurs de la sagesse avec la candeur d’un lévite élevé et retenu dans le temple de la philosophie.
C’est en effet une sorte d’enseignement sacré que celui de la morale au temps de l’empire.
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