Résumé

Prosper Brugière baron de Barante Tableau de la littérature française au dix-huitième siècle… (1847)

Au contraire, durant la paix, lorsque rien n'appelle et ne justifie l'abus du pouvoir, quand le souverain et son peuple ne se craignent pas l'un l'autre, les institutions se perfectionnent et jettent de profondes racines dans l'opinion et dans les mœurs. Au sein du repos, les lumières se répandent, les esprits se dégagent des préjugés de parti, et recouvrent l'indépendance de leur raison. La morale publique s'épure; les lettres, les sciences, les arts, adoucissent les âmes, et contribuent pour leur part à cette salutaire harmonie d'un gouvernement bien réglé.
Source : Gallica

Prosper Brugière baron de Barante Tableau de la littérature française au dix-huitième siècle… (1822)

Cette disposition influe sensiblement sur la nature du talent. L'homme dont la vie marche d'accord avec ses sentiments, les exprime simplement et sans efforts; il y a dans ses paroles, tant élevées qu'elles puissent être, quelque chose d'assuré et de positif qui pénètre et qui entraîne. Celui dont la vertu n'existe que dans l'imagination s'échauffe davantage ; il s'enivre de ses paroles, et s'y attache d'autant plus que c'est son seul bien; il ne manque pas de vérité, ce sont bien des sentiments sincères qu'il exprime; c'est bien son âme qui révèle son émotion à la nôtre.
Source : Gallica

Prosper Brugière baron de Barante Tableau de la littérature française au dix-huitième siècle… (1847)

Regnard et Dancourt représentaient avec une grande verve de plaisanterie et d'esprit, parfois même avec profondeur, les mœurs corrompues de leur temps. Lesage, leur rival dans la comédie, appliquait aussi le même genre de talent au roman, qui prenait ainsi entre ses mains un caractère tout nouveau. Il n'appartenait qu'à un auteur de l'école de Molière de produire Gil Blas, qui n'est en effet qu'une comédie de forme différente. C'est la peinture du cœur humain, sous l'aspect du vice et du ridicule; mais Lesage, comme Molière, savait approfondir l'homme sans le disséquer.
Source : Gallica

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