Élie-Catherine Fréron

Résumé

Élie-Catherine Fréron Les Confessions de Fréron (1719-1776… (1876)

Qui pourrait aujourd'hui balancer entre M. de Voltaire, qui conspire la ruine de sa patrie, et-M. Fréron, qui, pour la secourir, se dévoue à tous les traits d'une secte implacable? Ce n'est ici ni le poëte ni l'écrivain qu'il faut considérer; avant de faire des vers ou de la prose, il faut être citoyen, il faut être honnête homme : de bonnes actions valent mieux que de bons poëmes; le talent dont on abuse mérite plus de haine et de mépris que d'éloges, au jugement de J.-J. Rousseau; l'esprit n'est rien en comparaison des mœurs et de la vertu.
Source : Gallica

Élie-Catherine Fréron Les Confessions de Fréron (1719-1776… (1876)

Tu le peux : j'y consens. Mais voyons de quels traits Ton pinceau de nos mœurs formera les portraits.
Iras-tu sur les pas d'un larmoyant modèle, Changer le brodequin en chaussure nouvelle; Et traçant à nos yeux de bourgeoises douleurs, Sur la scène des Ris faire verser des pleurs?
Épargne à notre goût ces tristes comédies, De nos fades romans dolentes rapsodies, Ces drames ambigus, sans génie et sans art, Qui pourraient tout au plus, par un coup du hasard, Te faire remporter, pour prix de tes ouvrages, Des applaudissements, et jamais des suffrages1.
Source : Gallica

Élie-Catherine Fréron Les Confessions de Fréron (1719-1776… (1876)

Cette révolte contre la critique est un des plus
grands obstacles aux progrès des Arts, comme elle est la marque la plus évidente d'un esprit étroit et d'une vanité mal entendue. Car enfin, si l'on consultait les véritables intérêts de sa gloire et de sa fortune, ne devrait-on pas savoir gré à un censeur qui nous montre nos fautes et nous met dans la voie de faire mieux ou d'abandonner une route ingrate, dont le terme est le mépris joint à la pauvreté. Une seule fois dans ma vie, j'ai eu la satisfaction de voir ma critique produire un heureux effet.
Source : Gallica

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