Edmond Arnould

Résumé

Edmond Arnould Essai d'une théorie du style (1851)

Non ; car il peut y avoir dans le style de belles couleurs ou de belles images, sans qu'il soit beau ; un beau dessin ou de belles lignes, sans qu'il soit beau ; de beaux mouvements enfin, sans qu'il soit beau. Il est nécessaire, pour qu'il soit beau, vraiment beau, qu'il réunisse ces trois éléments, non pas dans une mesure inégale, mais en équilibre et comme fondus dans un harmonieux accord. L'idée du beau véritable est donc inséparable de l'idée d'union, d'équilibre, d'harmonie.
Elle est corrélative à celle du génie. Le beau est fait pour être saisi et réalisé humainement par le génie
Source : Gallica

Edmond Arnould Essai d'une théorie du style (1851)

Toutes les harmonies se fondent alors dans le langage du poète et de l'orateur; les formes qu'on croirait les plus difficiles leur viennent naturellement et sans effort par la seule impulsion du sentiment intérieur ; les strophes s'envolent aussi rapidement de l'esprit du poète que si elles avaient des ailes ; les périodes coulent, comme des flots, des lèvres de l'orateur, pleines, variées, symétriques et sonores. Plus l'inspiration monte, plus les formes musicales du style, soit vers, soit prose, montent
aussi de degrés en degrés vers la souveraine harmonie.
Source : Gallica

Edmond Arnould Essai d'une théorie du style (1851)

Certes, il aime les sons, et il a sur ce point ses goûts positifs et ses prédilections marquées; mais il leur préfère la couleur; mais il est bien plus peintre que musicien, et plus sculpteur encore que peintre. Sa vue est nette, précise, arrêtée; il peint les choses en homme qui les a regardées et observées de près ; il donne à son style des contours vigoureux, des lignes sculpturales. Il peut laisser du vague dans la pensée ou dans le sentiment; il n'y en a jamais dans la couleur de la figure ou dans le dessin de la phrase.
Source : Gallica

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