Résumé

Portrait de Sainte-Beuve Sainte-Beuve Revue des Deux Mondes

Chez M. Ampère, l’idée même était maîtresse. Sa brusque invasion, son accroissement irrésistible, le besoin de la saisir, de la presser dans tous ses enchaînemens, de l’approfondir en tous ses points, entraînaient ce cerveau puissant auquel la volonté ne mettait plus aucun frein. Son exemple, c’est le triomphe, le surcroît, si l’on veut, et l’indiscrétion de l’idée savante ; et tout se confisque alors en elle et s’y coordonne ou s’y confond. L’imagination, l’art ingénieux et compliqué, la ruse des moyens, l’ardeur même de cœur, y passent et l’augmentent.
Source : Wikisource

Portrait de Sainte-Beuve Sainte-Beuve Revue des Deux Mondes

Voilà ce qui, avec une admirable force de logique, une grande chaleur d’imagination et une pratique continuelle et courageuse de liberté que s’arrogeait l’écrivain à titre de prêtre, voilà ce qui, pour toute mémoire qui n’est pas oblitérée, marque le rôle de M. de La Mennais jusqu’en juillet 1830.
Juillet éclate, et l’abîme est franchi. Le grand cœur de M. de La Mennais redouble de flammes, mais il semble que son esprit s’est éclairé dans l’orage. Prêtre austère, ame de génie, il a gardé sous ses cheveux gris tous ses trésors de foi et de jeunesse.
Source : Wikisource

Portrait de Sainte-Beuve Sainte-Beuve Revue des Deux Mondes

« Elle était pour lui la vertu lorsqu’elle accomplit les plus nobles sacrifices ; le génie, lorsqu’il enfante la pensée la plus rare. » Il y a à travers cela d’impétueux accens sur le désir de mourir, de passer inconnu sous la fraîcheur du matin. « L’idée de n’être plus, s’écrie-t-il, me saisissait le cœur à la façon d’une joie subite ; dans les erreurs qui ont égaré ma jeunesse, j’ai souvent souhaité de ne pas survivre à l’instant du bonheur. Il y avait dans le premier succès de l’amour un degré de félicité qui me faisait aspirer à la destruction. »
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature