Jules Lemaître,
Les Contemporains, 3ème Série
“ Puis, l’érudit a ce mérite de n’écrire que pour quelques centaines d’érudits, comme le poète écrit pour une cinquantaine de poètes. Or, de travailler pour un si petit nombre de personnes et de tenir leur estime pour une suffisante récompense de son labeur, cela ne suppose-t-il pas une fierté qui a sa noblesse ? Ajoutez que ce labeur est le plus désintéressé de tous. L’érudit cherche la vérité pour elle-même : il l’accepte et l’aime toute seule et toute nue. Il l’aime, non seulement en dehors de toute application pratique, mais il l’aime quelle qu’elle soit, et même négligeable et stérile. ”
