Duc de Broglie

Résumé

Duc de Broglie Revue des Deux Mondes

On sourirait, à la vérité, de nos jours d’une politique qui compterait sur la Suède pour tenir la Russie en échec. Mais les peuples, on le sait, vivent de souvenirs et d’imagination presque autant que de réalités : l’impression laissée par le génie de Gustave et un instant réveillée par la témérité de Charles XII n’était pas encore effacée. Eclairée de ce reflet de gloire, la Suède faisait à toute l’Europe une illusion qu’elle partageait elle-même, tandis que la Russie ne possédait pas encore tout le secret de sa propre puissance.
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Duc de Broglie Revue des Deux Mondes

Tout alla bien ou, du moins, tout pouvait passer tant que cette supériorité était incontestable et s’affirmait à la fois sur les champs de bataille par la victoire et dans les lettres par le génie. L’Allemagne subissait en maugréant, mais sans murmurer, non-seulement le joug matériel, mais l’ascendant moral, et semblait même donner raison aux mauvais plaisans qui la raillaient en s’efforçant de les imiter. Ces petits princes, dont on riait à la cour de France, rentraient chez eux tout éblouis d’avoir adoré le soleil et ne songeaient qu’à jouer les Louis XIV au petit pied.
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Duc de Broglie Revue des Deux Mondes

Vous volez à Fribourg ; en vain La Peyronie Vous disait : Arrêtez, ménagez votre vie, Il vous faut du régime et non des soins guerriers ; Un héros peut dormir, couronné de lauriers. Le zèle a beau parler, vous n’avez pu le croire : Rebelle aux médecins et fidèle à la gloire, Vous bravez l’ennemi, les assauts, les saisons, Le poids de la fatigue et le feu des canons ; Vos ennemis, grand roi, le craignent davantage. Ah ! n’effrayez que Vienne et rassurez Paris ! Rendez, rendez la joie à vos peuples chéris ! Rendez-nous au héros qu’on admire et qu’on aime !
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